Virus Ebola: Les mesures de quarantaine décriées
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Virus EbolaLes mesures de quarantaine décriées

La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge désapprouve les mesures de quarantaine à l'encontre du personnel de santé ayant traité des malades d'Ebola.

Leur stigmatisation ou des restrictions à leur mobilité risque d'accroître la pénurie de personnel, selon l'organisation. «Nous avons besoin de travailleurs humanitaires en Afrique de l'Ouest. En les stigmatisant ou en restreignant leur mobilité, on mine l'efficacité de la riposte», a affirmé vendredi à Genève la Fédération dans un communiqué.

L'efficacité de la réponse globale à la crise de la maladie du virus Ebola en Afrique de l'Ouest exige l'accès et la circulation sans entraves des travailleurs humanitaires dans la région, souligne le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Il exhorte tous les gouvernements à faire en sorte que les personnels sanitaires de retour de pays affectés par Ebola soient traités sans discrimination.

L'opprobre ou la discrimination envers les travailleurs sanitaires, y compris leur mise en quarantaine sans fondement scientifique, débouchera inévitablement sur une crise de ressources humaines à un moment où il y a un besoin vital de personnes qualifiées, avertit la Croix-Rouge dans cette prise de position.

Controverse aux Etats-Unis

«Si la prudence et la vigilance sont de rigueur, les restrictions à la circulation ne feront que gêner c'est d'ailleurs déjà le cas l'action contre Ebola et elles risquent même, paradoxalement, de favoriser la propagation de la maladie», ajoute l'organisation.

Les mises en quarantaine imposées par certains Etats américains pour tous les voyageurs ayant eu des contacts avec des malades en Afrique de l'Ouest, même en l'absence de symptômes, ont suscité la controverse aux Etats-Unis ces derniers jours.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé dès lundi à ne pas «stigmatiser» les membres du personnel de santé de retour d'Afrique de l'Ouest. Mettre en quarantaine des soignants sans symptômes «ne se fonde sur aucune preuve scientifique et pourrait miner les efforts visant à maîtriser l'épidémie à sa source», a aussi déclaré l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF). (ats)

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