Grande-Bretagne: Les meurtriers de deux étudiants français jugés dès demain
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Grande-BretagneLes meurtriers de deux étudiants français jugés dès demain

Le procès de deux Britanniques accusés du meurtre sauvage en juin 2008 à Londres de deux étudiants français doit s'ouvrir mercredi.

Un rendez-vous difficile mais porteur d'espoirs pour les parents des victimes désireux de connaître la raison d'une telle barbarie.

Les deux suspects, âgés de 23 et 34 ans, doivent comparaître pendant un mois devant un jury de douze personnes, au tribunal de l'Old bailey, au centre de Londres. Ils ont plaidé non coupables en novembre à tous les chefs d'accusation - meurtre, séquestration, incendie volontaire et cambriolage -, ouvrant la voie à un procès très attendu par les proches des victimes et l'opinion publique.

240 coups de couteau

Les corps de Gabriel Ferez et de Laurent Bonomo, tous deux âgés de 23 ans, ont été retrouvés le 29 juin 2008 dans le studio loué par ce dernier à Sterling Gardens, dans le quartier de New Cross (sud- est de Londres). Son ami lui avait rendu visite ce soir-là.

Ils ont été retrouvés ligotés, bâillonnés et lacérés de plus de 240 coups de couteau au total sur le cou, le dos, le torse et la tête, avant que le studio ne soit incendié vraisemblablement pour tenter d'effacer des preuves. Sur les 200 coups administrés à Laurent Bonomo, près de la moitié l'ont été après son décès.

«Je n'ai jamais vu de blessures semblables de toute ma carrière», avait confié l'inspecteur en charge de l'enquête Mick Duthie. Visiblement ému, il avait décrit une «attaque brutale, déchaînée et horrible».

Mystère

Le mobile reste pour l'heure un mystère, d'autant que la loi britannique interdit toute révélation dès qu'une inculpation est prononcée. La presse britannique penchait pour l'hypothèse d'un cambriolage ayant mal tourné, peut-être sous l'effet de drogues.

Des objets, dont deux consoles de jeu portables et des cartes bancaires, ont disparu lors du drame. L'inspecteur en charge de l'enquête Mick Duthie avait évoqué un lien possible avec un cambriolage du studio la semaine précédente au cours duquel un ordinateur portable avait été dérobé.

Les parents des deux victimes ont prévu d'assister à la totalité du procès. «Nous voulons que les coupables soient condamnés», a simplement déclaré Marie-Claire Sparrow, avocate londonienne de la mère de Gabriel Ferez, Françoise Villemot, et des parents de Laurent Bonomo.

«Ca va être dur», confiait en février Mme Villemot sur France 3. «C'est un trou dans mes entrailles. C'est une horreur au quotidien. (...) La seule chose que je veux, c'est la vérité, la vraie vérité».

«Le motif ne colle pas depuis le départ. C'est une certitude», a- t-elle ajouté. «On n'est pas dans un crime ordinaire, on n'est pas dans un crime crapuleux».

Mesures d'exception

Plusieurs arrestations ont rapidement suivi, menant aux inculpations des deux suspects. Le plus âgé, un chômeur sans domicile fixe, s'était livré à la police peu après les meurtres. Il avait été arrêté puis immédiatement hospitalisé pour des brûlures aux bras et aux mains, laissant penser qu'il se trouvait sur les lieux du drame.

L'autre homme avait été qualifié de «dangereux» par Scotland Yard dans un appel «urgent» accompagné de sa photographie, pratique rarissime. Il avait été arrêté 30 minutes plus tard.

Les Français effectuaient un stage au prestigieux Imperial College de Londres, dans le cadre de leurs études à l'école d'ingénieurs Polytech' de Clermont-Ferrand.

(ats)

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