Genève - Les migrants de Lancy ont bouclé leur «voyage initiatique»
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GenèveLes migrants de Lancy ont bouclé leur «voyage initiatique»

Douze jeunes et leurs accompagnants ont visité la Suisse à vélo durant huit jours.

par
Léonard Boissonnas
Le groupe est arrivé à Lancy lundi vers 18h.

Le groupe est arrivé à Lancy lundi vers 18h.

Hospice général

«C’était une superbelle aventure, on a réussi à tout faire», relate, enthousiaste, Hacène Ouahmane, assistant social au centre d’hébergement pour migrants du Petit-Lancy de l’Hospice général. Avec sa collègue Dolores Innaurato, assistante de direction, et deux autres accompagnateurs migrants, il a emmené sur les routes suisses douze jeunes entre 19 et 23 ans, originaires d’Erythrée et d’Afghanistan et anciens mineurs non accompagnés. Partis du bout du lac le 16 août, ils sont passés par Lausanne, Yverdon, Neuchâtel, Berne, Fribourg, Vevey et Montreux, avant de revenir lundi en bateau.

Un projet d’intégration monté depuis une année et entièrement réalisé par les jeunes, avec le soutien de l’Hospice général, la Ville de Lancy, la Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle et les Hôpitaux universitaires de Genève. Le coureur professionnel Tadesse Abraham, parrain du projet, les a accompagnés les deux premiers jours du périple et les a accueillis à leur retour.

Fondue, saut dans l’Aar, fosse aux ours

L’équipée a couvert environ 50 km par jour, à raison de cinq heures passées en selle. «Moi , j’ai un peu souffert, mais tout le monde y est arrivé», poursuit Hacène Ouahmane. Musée olympique à Lausanne, Musée Chaplin à Vevey, Espace Jean-Tinguely-Niki-de-Saint-Phalle à Fribourg, fosse aux ours à Berne: le groupe a pu visiter de nombreux lieux emblématiques de leur pays d’accueil: «On a vu des paysages merveilleux, on a nagé dans les lacs, on a sauté dans l’Aar et on a mangé une fondue à Fribourg, c’était obligé, détaille l’assistant social. On a été accueilli formidablement, et on a pu consolider nos liens. Ces jeunes se sont beaucoup ouverts, c’était un des buts. Mon objectif est qu’ils s’intègrent. Et puis, c’était un voyage initiatique, pas une visite touristique. On peut réfléchir beaucoup quand on est sur un vélo.»

Donner de la visibilité

Hacène Ouahmane et l’Hospice général tirent un bilan positif de cette aventure et l’assistant social imagine déjà d’autres projets de ce type: «L’idée est de donner de la visibilité à ces centres d’hébergement dans les communes, explique-t-il. Cette expérience a montré que quand un projet est bon, cela fonctionne. On pourrait monter un film, une pièce de théâtre, ou faire une randonnée initiatique. Il faut qu’on raconte une histoire. Mon rêve pour l’an prochain, c’est de monter un projet avec des femmes aussi. Là, il y avait une participante, mais elle n’a pu venir à cause du Covid.»

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