Putsch avorté: Les militaires turcs ayant fui condamnés en Grèce
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Putsch avortéLes militaires turcs ayant fui condamnés en Grèce

Huit soldats avaient fui en Grèce samedi après le putsch avorté en Turquie. Ils ont été condamnés jeudi par un tribunal grec à deux mois de prison avec sursis.

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La Turquie commémore lundi la mise en échec d'une sanglante tentative de coup d'Etat visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan. (15 juillet 2019)

La Turquie commémore lundi la mise en échec d'une sanglante tentative de coup d'Etat visant à renverser le président Recep Tayyip Erdogan. (15 juillet 2019)

AFP
Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre plus de 200 militaires. (14 décembre 2018)

Les autorités turques ont émis vendredi des mandats d'arrêt contre plus de 200 militaires. (14 décembre 2018)

Keystone
AK Party members stand in front of shoes symbolizing victims of the September 12, Turkish coup d'Etat as they take part in a rally to commemorate the 38th of the event in front of the Ulucanlar prison in Ankara, on September 13, 2018. (Photo by ADEM ALTAN / AFP)

AK Party members stand in front of shoes symbolizing victims of the September 12, Turkish coup d'Etat as they take part in a rally to commemorate the 38th of the event in front of the Ulucanlar prison in Ankara, on September 13, 2018. (Photo by ADEM ALTAN / AFP)

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Menottés, le visage caché et encadrés par un important dispositif policier, les militaires sont arrivés jeudi vers 10h30 au tribunal à Alexandroupolis, une demi-heure avant le début du procès. Les mesures de sécurité étaient strictes dans la salle d'audience, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les militaires turcs ont été jugés pour «entrée illégale» et pour n'avoir pas soumis un «plan de vol». Ils encouraient jusqu'à cinq ans de prison et la peine administrative d'expulsion pour le premier délit.

L'infraction au code aéroportuaire peut, quant à elle, être punie de six mois de prison au maximum. Cette dernière accusation n'a cependant pas été retenue par le tribunal, car, a-t-il tranché, seuls les avions civils sont soumis à une telle obligation.

Ils ont finalement été condamnés à deux mois de prison avec sursis. Ils resteront toutefois en rétention jusqu'à ce que leur demande d'asile en Grèce soit examinée, a précisé un responsable de la police.

«On a eu peur»

Les militaires ont nié avoir participé au putsch. Interrogé par la présidente de la cour sur les raisons pour lesquelles ils avaient fui puisqu'ils nient, le premier prévenu, un pilote, a expliqué qu'«il y avait des arrestations massives de militaires de manière indistincte» vendredi soir et qu'ils avaient «eu peur».

«Nous avions pensé aller soit en Bulgarie, en Roumanie ou en Grèce, pays proches». Finalement nous avons choisi la Grèce (...) où nous nous sentons plus en sécurité», a dit le quatrième prévenu, également un pilote.

Selon leurs témoignages, leur unité se trouvait à Istanbul et ils étaient tous en train de transférer en hélicoptère des blessés. Mais au cours du «deuxième transfert, il y a eu des tirs sur l'hélicoptère (...) et avec mes collègues, nous avons décidé de monter dans un des hélicoptères que nous pilotions et d'aller nous poser dans une région boisée près d'Istanbul et d'attendre», a raconté l'un des prévenus.

«Pendant que nous regardions des images» concernant ce qui se passait dans les rues «sur nos téléphones portables, nous avons entendu des tirs (...) et nous avons décidé de fuir», a-t-il ajouté. Les prévenus ont également souligné que leur appareil n'était pas conçu pour le combat.

Ankara réclame l'extradition

Ce procès a été suivi de très près par la Turquie qui accuse ces militaires d'avoir participé à la tentative de putsch. Ankara réclame en conséquence leur renvoi pour qu'ils soient jugés en Turquie. Des avocats turcs, présents dans la salle d'audience pour suivre le procès, ont déclaré à des médias que la Turquie souhaitait l'extradition des prévenus.

Ils ont demandé à la présidente de la cour de déclarer recevables des documents prouvant selon eux des délits commis en Turquie par ces militaires. Mais la magistrate a refusé, arguant qu'ils n'étaient pas partie au procès et que la procédure ne permettait pas de juger des délits ayant eu lieu dans un autre pays. (ats)

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