18.10.2020 à 19:46

Eclépens (VD)Les militants prennent racine pour stopper la carrière

Une ZAD (zone a défendre) est apparue sur la colline du Mormont, où le cimentier Holcim projette d’étendre sa carrière déjà existante. Visite guidée en vidéo.

de
Pauline Rumpf

Les barricades sont en place, les abris ont été hissés dans les arbres, les visages sont masqués et peinturlurés pour se prémunir contre les contrôles policiers. Malgré ce dispositif minutieux, les voix sont accueillantes et le promeneur est invité à poursuivre sa balade dans la nouvelle «Zone à défendre (ZAD)» du Mormont. La colline surplombe Eclépens et La Sarraz, et est entamée par une carrière de calcaire exploitée par Holcim depuis 1953. Mais la zone abrite un site archéologique celte d’importance européenne, et de nombreuses espèces protégées. La bataille autour de sa préservation est donc engagée depuis plusieurs années (lire ci-dessous).

Au son des percussions, une cinquantaine de zadistes ont donc installé clandestinement yourtes, tentes et cordages pour mettre des bâtons dans les roues d’Holcim, même si la justice validait son projet d’extension et les plans établis par le Canton. «Nous ne comptons pas partir tant que les projets de destruction de la colline ne sont pas abandonnés», assure un activiste.

La cour suprême devra trancher

Depuis 2013, des habitants de la région se sont constitués en association pour lutter contre l’élargissement de la carrière d’Holcim sur une parcelle inscrite à l’Inventaire fédéral des paysages. Ils ont déposé des oppositions, et mobilisé Pro Natura, le WWF et Helvetia Nostra à faire de même. Le Tribunal cantonal (TC) a accepté leur recours en raison de lacunes dans le dossier de mise à l’enquête. Mais ces lacunes ont été complétées, et le nouveau recours des défenseurs de la colline a été écarté par le TC. Ces derniers (excepté le WWF) ont fait appel, et attendent maintenant la décision du Tribunal fédéral.

Tant qu’aucune infraction grave n’est constatée, et qu’aucune évacuation n’est demandée par Holcim, qui possède le terrain, la police cantonale n’a pas pour instruction d’intervenir. Les premiers ennemis des activistes seront donc plutôt les jours froids, mais des dons de particuliers et d’associations ainsi qu’un collectif de cuisiniers bénévoles venus de l’étranger devraient servir à y faire face. Et dans les premières heures d’existence de la ZAD, les annonces de soutiens réchauffent au moins le moral des zadistes, notamment de la part de ceux qui s’opposent à Holcim et au Canton devant les tribunaux.

«Je suis aux anges, exulte Alain Chanson, président de l’Association de sauvegarde du Mormont (ASM) et vice-président de Pro Natura Vaud. Nous nous battons depuis 2013 pour protéger ce site unique, et c’est très émouvant d’être épaulés par la jeunesse.» Les recourants n’ont pas de lien avec l’installation de la ZAD, mais le risque existe que les juges fédéraux qui doivent statuer sur le sujet n’apprécient guère d’être mis sous pression ainsi. «Nous voulons leur montrer tant qu’il est encore temps que la société civile est attachée à cet endroit, argumente une militante. Et que ravager les derniers espaces naturels au lieu de réfléchir aux alternatives au béton n’est pas la bonne voie à suivre.»

Les habitants de la région sont partagés, car Holcim y est installé depuis longtemps, et fournit des emplois. «Mais les impôts et le siège ne sont plus chez nous, il ne nous reste que les nuisances», regrette Alain Chanson. Parmi les promeneurs du dimanche rencontrés sur les lieux, certains jugent que ces jeunes sont «des gangsters», d’autres sont ravis qu’ils viennent défendre leur coin de balade, même si c’est dans l’illégalité.

Pas d’ultimatum d’Holcim pour l’instant

Le cimentier n’a pas encore communiqué ses intentions, mais assure prendre au sérieux «les préoccupations de tous ses interlocuteurs». L’entreprise est d’ailleurs en contact avec les occupants concernant leur sécurité en marge des activités de minage de la carrière actuelle.

«Nous apportons un soin très particulier aux zones d'extraction avant, pendant et après l'exploitation des parcelles exploitées, ajoute Arthur Got, porte-parole d’Holcim. Nos carrières sont souvent les derniers refuges d'espèces d’oiseaux rares, de hardes de chamois et de batraciens, et d'anciens sites d'extraction jouissent même aujourd’hui d’un statut de réserve naturelle.»

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440 commentaires
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Surtout Après Ce Qu Elle Leur A Fait

19.10.2020 à 22:37

Ils aiment la Nature... C'est très touchant.

Rebecca la paella

19.10.2020 à 21:20

L'État de Vaud, une gauche qui cautionne cela. On aura tout vu avec les gauchistes qui défendent les délinquants, les voyous et les criminels.

Pro Parasita

19.10.2020 à 20:56

Villa cossue sur le mormont, construite en béton. Taux d'imposition 50%. Salaire payé par vos impots. Et ca ose venir vous donner des leçons de vertu. Les c##s ca ose tout et c'est a ca qu'on les reconnait.