Fessenheim (F): Les militants toujours en garde à vue
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Fessenheim (F)Les militants toujours en garde à vue

Cinquante-cinq membres de Greenpeace, dont un Suisse, arrêtés après une opération menée mardi sur la centrale nucléaire alsacienne, se trouvaient toujours en garde à vue mercredi.

Des militants de Greenpeace se sont introduits en force mardi matin dans l'enceinte de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace.

Des militants de Greenpeace se sont introduits en force mardi matin dans l'enceinte de la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace.

Les militants sont soupçonnés de «violation de domicile» et «dégradations en réunion» lors de leur spectaculaire intrusion, mardi, dans la centrale nucléaire de Fessenheim, en Alsace.

Ces activistes vont être libérés d'ici mercredi soir. Ils seront jugés devant le tribunal correctionnel de Colmar le 4 septembre, a annoncé le parquet.

Le 56e militant ayant pris part à l'opération est quant à lui à l'hôpital, car il a été blessé à un bras lors de ce coup d'éclat médiatique.

Parmi les militants en garde à vue on dénombrait aussi deux Français, ainsi que des Allemands, des Autrichiens, des Espagnols, des Italiens, des Turcs ou encore des Danois, répartis dans 23 postes de gendarmerie de la région, selon Greenpeace. Dix-sept nationalités sont représentées.

Jusqu'à cinq ans de prison

La sanction maximale pour violation de domicile s'élève à un an de prison. Pour les dégradations, la peine monte à cinq ans de prison et 75'000 euros d'amende, a rappelé le procureur adjoint de Colmar, Philippe Vannier.

Mercredi, une poignée d'anti-nucléaires ont ainsi encore manifesté à Colmar en marge de la réunion de la Commission locale d'information et de surveillance (Clis). Mais quelque 150 salariés et riverains de la centrale ont également défilé dans les rues de la ville pour dire «Non à la fermeture» de Fessenheim.

«Acte terroriste»

Saluée par Europe-Ecologie-Les Verts (EELV), l'opération surprise a été fermement condamnée par la section CGT des salariés de la centrale, qui l'a assimilée à «un acte terroriste» mettant en danger la sécurité des installations et du personnel.

Selon le préfet du Haut-Rhin, Vincent Bouvier, les militants de Greenpeace ont utilisé un camion de 19 tonnes pour «enfoncer un portail métallique de sécurité». «Le camion a servi à mettre en place une passerelle et des échelles pour franchir deux portails» qui n'ont pas été forcés, hormis leurs cadenas, a déclaré pour sa part un porte-parole de Greenpeace.

Mardi à 5h40, plusieurs dizaines de militants de Greenpeace ont pénétré par surprise dans l'enceinte de la centrale de Fessenheim. Plusieurs d'entre eux sont parvenus à déployer d'immenses banderoles et pancartes sur le dôme de protection d'un des deux réacteurs nucléaires, proclamant «Stop risking Europe» («Arrêtez de faire courir des risques à l'Europe»).

22 évacués sans violence

Les 22 militants juchés sur le toit ont été évacués sans violence jusqu'à la mi-journée par les forces de l'ordre. D'autres ont poursuivi de nouvelles actions autour de la centrale jusque dans la soirée.

Avec cette opération, dont Greenpeace est coutumier en France, l'ONG entendait notamment dénoncer un manque de sécurité des centrales nucléaires en France et réclamer une transition énergétique plus ambitieuse, alors que le président François Hollande s'est engagé à fermer Fessenheim - mais seulement cette centrale - d'ici fin 2016.

L'enjeu de la sécurité a en tout cas été aussitôt remis au premier plan: dès mardi le ministère de l'écologie et de l'énergie a annoncé des mesures pour renforcer la protection des centrales. (ats/afp)

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