Grand Conseil vaudois: Les minarets font déraper le débat sur le budget
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Grand Conseil vaudoisLes minarets font déraper le débat sur le budget

La déclaration solennelle du gouvernement vaudois sur le vote contre les minarets a fait déraper le deuxième débat sur le budget au Grand Conseil. L'UDC n'a pas du tout apprécié l'intervention de Pascal Broulis et a modifié ses votes de la première lecture.

L'UDC a piqué mercredi une grosse colère à cause des propos du président du Conseil d'Etat prononcés à 14 h, à la reprise des discussions. «Cette déclaration était très mal placée», a déclaré à l'ATS Pierre-Yves Rapaz, président du groupe UDC au Grand Conseil.

D'ici au troisième débat, la colère va sans doute diminuer, mais certains députés de l'UDC sont fâchés. Ils n'acceptent pas que le gouvernement viennent ainsi commenter l'issue d'un vote populaire, a expliqué Pierre-Yves Rapaz.

Note salée

«C'est une déclaration à 2,5 millions de francs», a-t-il lancé. Ce montant représente deux amendements des socialistes et des Verts sur la police et la renaturation des cours d'eau. Après un rejet en premier débat, l'UDC s'est abstenue mercredi, se désolidarisant de la droite et faisant du coup gagner la gauche.

Dans sa déclaration, le président du gouvernement s'est pourtant bien gardé de «porter le moindre jugement sur le résultat» du vote à propos des minarets. Pour mémoire, les Suisses ont refusé à 57,5% la construction de nouveaux minarets, alors que le canton de Vaud repoussait à 53,1% l'initiative lancée par un comité en grande partie formé par des UDC.

Pour le dialogue interreligieux

Pascal Broulis s'est voulu positif. Le canton de Vaud entend intensifier le dialogue entre les religions. Sa politique vise à une intégration harmonieuse afin de prévenir tout repli communautariste, a-t-il déclaré.

Le ministre radical a insisté sur l'importance d'une politique d'intégration menéee «avec constance et sérieux» qui porte ses fruits, comme dans le canton de Vaud. Le Conseil d'Etat veut construire «une cohésion interne respectueuse» des lois.

Vocation d'ouverture

Attentif aux communautés et aux minorités qui composent la population vaudoise, le gouvernement entend faire valoir la vocation d'ouverture du canton. Il mettra un soin particulier à la mise en oeuvre de la loi sur l'intégration des étrangers et la prévention du racisme, a souligné le président du Conseil d'Etat.

Pascal Broulis a rappelé enfin que le canton de Vaud accueillerait probablement l'an prochain à Montreux le Sommet de la Francophonie. «Un rassemblement autour d'une langue et d'une culture qui ont donné au monde la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Tout un symbole».

Ecouter l'UDC

Dans les couloirs du parlement, le secrétaire général de l'UDC, Claude-Alain Voiblet, a souligné que la déclaration de Pascal Broulis était «la goutte qui a fait déborder le vase». Il faut que les autres partis de droite écoutent mieux l'UDC. Il a relevé par exemple la divergence de vues complète sur l'accueil parascolaire avec les libéraux-radicaux.

L'UDC a déposé mercredi une initiative constitutionnelle intitulée «Pour une école à journée continue aux coûts supportables». Elle veut éviter que l'article constitutionnel approuvé par les Vaudois le 27 septembre n'engendre des frais énormes. Les députés n'ont pas pu finir mercredi le deuxième débat. (ats)

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