Actualisé 12.08.2008 à 16:33

santéLes «minces» ont autant de risques d'infarctus que les «gros»

Contrairement aux idées reçues, être mince n'est pas un rempart contre une maladie cardio-vasculaire, et être gros ne veut pas forcément dire être candidat à l'infarctus.

Selon une nouvelle étude américaine, la moitié des gens en surpoids ont une tension et un cholestérol normaux, alors qu'un fort pourcentage des plus minces peuvent être touchés par des maladies caractéristiques de l'obésité.

Il est vraiment question de jeter un regard très différent sur le poids et les risques pour la santé, résume l'auteur de l'étude, MaryFran Sowers, chercheuse dans le domaine de l'obésité à l'université du Michigan.

Ce n'est un secret pour personne que les gens minces peuvent souffrir de problèmes cardio-vasculaires et que les individus en surpoids peuvent à l'opposé en être indemnes, mais c'est la proportion de personnes concernées qui crée la surprise, a-t-elle ajouté.

Dans cette étude, environ 51% des adultes en surpoids, grossièrement 36 millions de personnes aux Etats-Unis, ont des taux de cholestérol et de triglycérides presque normaux. Tout comme la glycémie et le chiffre de tension artérielle. Près d'un tiers des adultes obèses, soit environ 20 millions d'Américains, sont aussi «en bonne santé», ce qui signifie que, pour ces derniers, aucun ou un seul des paramètres retenus est anormal.

En revanche, environ un quart des adultes dans le groupe pesant le poids recommandé ont au moins deux paramètres anormaux, soit quelque 16 millions de personnes à risque de problème cardio-vasculaire.

Malgré cela, le débat autour de la méthode de calcul du surpoids ou de l'obésité ne cesse de grandir. Les uns tablent sur l'Indice de masse corporelle, qui consiste à diviser le poids par la taille au carré. Une méthode qui a ses limites puisqu'elle ne fait pas la différence entre la masse grasse et les muscles et placerait les joueurs du NBA dans la catégorie des obèses.

Pour d'autres, la mesure de la taille est un moyen beaucoup plus précis de dépistage, et la nouvelle étude va dans ce sens.

Pour Judith Wylie-Rosett, co-auteure de l'étude, il ne faut pas pour autant innocenter le poids dans la survenue des maladies cardio-vasculaires. La moitié des gens trop gros présentent des risques, rappelle cette nutritionniste du Collège Albert Einstein de New York. Et pour les autres, perdre du poids peut avoir un bénéfice esthétique.

L'étude inclut 5.440 personnes âgées de 20 ans et plus et les résultats ont été extrapolés à l'ensemble de la population. Publiée lundi dans les Archives de médecine interne américaines, elle se base sur des travaux menés de 1999 à 2004, qui comportent des analyses médicales et des mesures de la taille et du poids. Elle prend aussi en compte les habitudes, notamment la cigarette et l'activité physique.

Quel que soit le poids, le risque cardio-vasculaire est plus élevé chez les personnes âgées, les sédentaires et les fumeurs. Parmi les obèses de 50 à 64 ans, 20% seulement sont considérés en bonne santé, comparé à la moitié des obèses les plus jeunes. Ce qui souligne l'importance de l'activité physique dans le maintien en bonne santé, même chez les personnes de poids normal, ajoute Wylie-Rosett.

Les résultats confirment par ailleurs qu'un tour de taille élevé est en rapport avec le risque cardio-vasculaire. Ainsi chez les gens de poids normal, les facteurs de risque, notamment le taux élevé de cholestérol, l'hypertension et la glycémie, sont plus fréquents chez les personnes dont le tour de taille ou le périmètre abdominal est élevé. Cela témoigne de dépôts graisseux autour des organes abdominaux, dont les études précédentes ont révélé le danger. (ap)

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