Actualisé 05.02.2019 à 12:31

Suisse

Les mutilations génitales touchent 15'000 femmes

La Suisse est aussi touchée par la problématique des mutilations génitales. Elle a élaboré en 2012 sa propre législation pour pénaliser ces pratiques ancestrales.

Les femmes et jeunes filles concernées proviendraient surtout d'Éthiopie, d'Érythrée, de Somalie et d'Égypte.

Les femmes et jeunes filles concernées proviendraient surtout d'Éthiopie, d'Érythrée, de Somalie et d'Égypte.

@ UNICEF

En Suisse, 15'000 jeunes filles et femmes sont menacées de subir une mutilation génitale féminine ou l'ont déjà subie. Le Réseau suisse contre l'excision créé en 2016 jusqu'à fin 2019, juge nécessaire de prolonger son engagement à plus long terme.

Ce projet est financé par le Secrétariat d'Etat aux migrations et par l'Office fédéral de la santé publique. «Nous sommes en contact avec les responsables fédéraux», a expliqué à Keystone-ATS la responsable du projet. Denise Schwegler espère que le projet pourra se poursuivre - son ampleur et sa durée restent toutefois des questions ouvertes.

Une décision devrait tomber d'ici le milieu de l'année. Selon elle, la Confédération ne fait pas mine de vouloir laisser tomber le Réseau. Elle lance son appel à l'occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines.

Programme Migration et Santé

Le Réseau suisse contre l'excision a été mis sur pied par Caritas Suisse, Terre des Femmes Suisse, Santé sexuelle Suisse et le Centre suisse de compétence pour les droits humains. Son financement est assuré par le biais du Crédit fédéral d'intégration dans le cadre du Programme Migration et santé.

L'interdiction pénale ne suffit pas: afin de briser le tabou, le Réseau suisse contre l'excision veut mener un important travail de sensibilisation auprès des communautés migrantes touchées. Il offre une large palette de services et de conseils aux femmes concernées, mais aussi aux professionnels au prise avec cette problématique. Plus de 1000 experts issus des domaines du social, de l'asile ou de la santé ont été formés jusqu'à présent.

Au milieu des communautés concernées

Le réseau travaille également avec une cinquantaine d'hommes et de femmes qui organisent régulièrement des événements dans les communautés pour parler des conséquences de l'excision. Entre avril 2016 et octobre 2018, 66 rencontres ciblées sur la prévention ont eu lieu, a précisé Mme Schwegler. Plus de 1200 hommes et femmes y ont participé.

Le réseau gère aussi une page Web en six langues qui a été visitée plus de 25'000 fois depuis mai 2017. Des points de contact régionaux sont également à disposition pour permettre aux personnes concernées de trouver rapidement de l'aide.

Les femmes et jeunes filles concernées sont surtout des réfugiées provenant d'Ethiopie, d'Erythrée, de Somalie et d'Egypte. Denise Schwegler regrette que le nombre de femmes concernées en Suisse ne repose que sur des estimations. Il n'existe pas de recensement systématique ni dans les hôpitaux ni auprès des Autorités de protection de l'enfant et de l'adulte. (nxp/ats)

Quatre catégories de mutilations sexuelles

Clitoridectomie: l'ablation partielle ou totale du clitoris (petite partie sensible et érectile des organes génitaux féminins) et, plus rarement, seulement du prépuce (le repli de peau qui entoure le clitoris).

Excision: ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres (qui entourent le vagin), avec ou sans excision des grandes lèvres.

Infibulation: rétrécissement de l'orifice vaginal par la création d'une fermeture, réalisée en coupant et en repositionnant les lèvres intérieures, et parfois extérieures, avec ou sans ablation du clitoris.

Autres:toutes les autres interventions préjudiciables au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes génitaux.

Source: ONU

(NewsXpress)

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