Inde: Les nationalistes hindous donnés gagnants
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IndeLes nationalistes hindous donnés gagnants

Le nationaliste hindou Narendra Modi, du parti Bharatiya Janata (BJP), pourrait bien devenir le prochain Premier ministre de l'Inde, selon des projections diffusées lundi.

Narendra Modi (à gauche) pourrait devenir le nouveau chef du gouvernement indien.

Narendra Modi (à gauche) pourrait devenir le nouveau chef du gouvernement indien.

Selon quatre des cinq sondages publiés juste après la fin du scrutin, l'alliance conduite par le Bharatiya Janata Party (BJP) de M. Modi pourrait atteindre la majorité absolue des sièges au Parlement.

Headlines Today, CNN-IBN, CVoter et ABP prévoient que la National Democratic Alliance (NDA) conduite par le BJP obtiendra entre 272 et 289 sièges, la chaine Times Now se différenciant en lui accordant seulement 249 sièges.

Il faut un minimum de 272 sièges pour avoir la majorité à la Lok Sabha, ou Chambre du peuple. Ce seuil est souvent obtenu grâce à l'apport de partis régionaux.

Prudence

Les résultats officiels devraient être connus vendredi. D'ici là, les analystes appellent cependant à la prudences sur ces sondages, qui se sont avérés spectaculairement erronés en 2004 et 2009. Il y a dix ans, les tendances dessinées sur la base des sondages avaient notamment annoncé la victoire du BJP alors qu'au bout du compte, c'est le Congrès qui s'était imposé.

Le Parti du Congrès, dirigé par la dynastie Nehru-Gandhi, est toutefois donné perdant depuis plusieurs mois déjà. Les analystes attribuent cette perte de confiance aux scandales de corruption qui ont émaillé ses dix ans de pouvoir et au ralentissement de l'économie. Le parti pâtit également de n'avoir pu enrayer une inflation galopante.

Participation record

La Commission électorale a de son côté annoncé qu'un nombre record de 551 millions de personnes avaient déposé leur bulletin de vote au cours de cette élection marathon, soit 130 millions de plus qu'en 2009, pour un taux de participation jamais atteint de 66,38%. Ce chiffre pourrait encore légèrement progresser en raison du vote par correspondance.

Les élections se sont achevées lundi sur un duel spectaculaire dans la ville sainte de Bénarès, où Narendra Modi espérait une victoire symbolique dans sa conquête du pouvoir au niveau national. Le dirigeant du BJP y était opposé au nouveau chantre de la lutte anticorruption, Arvind Kejriwal.

M. Modi a rendu hommage dans la soirée aux centaines de milliers d'électeurs qui «ont patienté pendant des heures sous un soleil brûlant pour donner de la force à notre démocratie» au cours de ce marathon électoral.

Arvind Kejriwal, leader du parti Aam Aadmi (Parti de l'homme commun) a de son côté affirmé qu'il sentait un engouement pour sa candidature. «Les choses tournent depuis trois jours et tout le monde dit que Modi est en train de perdre», a-t-il affirmé.

Tensions intercommunautaires

Narendra Modi est le premier candidat déclaré au poste de Premier ministre à avoir brigué les suffrages des électeurs de la ville sainte située au bord du Gange, dans l'Etat de l'Uttar Pradesh. Son choix a été largement interprété comme la volonté de renforcer son emprise sur les nationalistes hindous, pour lesquels l'Inde est avant tout un pays hindou.

Ses adversaires y voient les ferments d'une nouvelle radicalisation des relations avec la communauté musulmane, à l'image des émeutes interreligieuses de 2002 dans le Gujarat qui avaient fait plus d'un millier de morts, des musulmans pour la plupart.

La Cour suprême a jugé que le candidat du BJP, malgré les accusations de ses adversaires, n'avait joué aucun rôle dans ces violences. Mais Mohammad Sabir Falahi, qui dirige à Bénarès le groupe communautaire musulman Jamaat-e-Islami Hind, a affirmé qu'«on ne pardonnerait ni n'oublierait jamais le rôle de Narendra Modi dans les émeutes du Gujarat contre les musulmans».

Le candidat du BJP a été omniprésent au cours de cette campagne, multipliant les meetings dans tout le pays et éclipsant les interventions des autres cadres de son parti. Il a axé sa campagne sur le bilan économique de son Etat du Gujarat, qu'il dirige depuis 2001, promettant investissements et créations d'emplois. (ats)

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