Conférence de Copenhague: Les négociateurs entrent dans le vif du sujet
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Conférence de CopenhagueLes négociateurs entrent dans le vif du sujet

Les négociateurs sont entrés dans le vif du sujet mardi à Copenhague à la recherche d'un accord pour enrayer le réchauffement mondial.

L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a par ailleurs averti que la première décennie du siècle est «la plus chaude jamais enregistrée».

Alors que la polémique sur le «Climategate» - climatologues accusés de manipuler les données après la publication de leurs courriels piratés - est toujours vive, l'OMM a annoncé que la décennie 2000-2009 devrait être «la plus chaude jamais enregistrée» depuis les premiers relevés instrumentaux en 1850.

L'année 2009 se classe au cinquième rang des années les plus chaudes depuis 1850, a ajouté l'agence spécialisée de l'ONU. «Nous sommes dans une tendance de réchauffement, nous n'avons pas de doute là-dessus», a déclaré Michel Jarraud, son secrétaire général.

Accusations réfutées

Des experts du GIEC ont par ailleurs réfuté les accusations du «Climategate», en déclarant que le contenu des courriels de chercheurs anglais ne peut pas «remettre en cause le changement climatique», a déclaré mardi le climatologue français Jean Jouzel, vice-président du Groupe international d'experts sur le climat (GIEC).

Le chercheur suisse Thomas Stocker, co-président d'un groupe de travail du GIEC, avait déjà réfuté dimanche ces accusations.

Le débat sur le partage des efforts en vue d'une réduction massive des gaz à effet de serre se poursuit désormais dans les moindres recoins du Bella Center, qui accueille plus de 15'000 délégués.

Les Etats-Unis ont fait souffler un vent d'optimisme lundi, jour d'ouverture de la conférence, lorsque l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a qualifié les gaz à effet de serre de menace pour la santé publique. Ce qui ouvre pour la première fois la voie à une régulation de ces émissions.

On attend la Chine au tournant

«Il y a une espèce de ping-pong entre la Chine et les Etats- Unis», commentait un négociateur occidental à propos des annonces successives des deux principaux pollueurs de la planète. «Je ne sais pas si la Chine annoncera quelque chose demain en échange», ajoutait- il.

Les pays européens restent de leur côté divisés sur l'opportunité de revoir à la hausse leur promesse de réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui pourrait être portée de 20% à 30% d'ici à 2020 (par rapport à 1990) si un accord mondial ambitieux était conclu à la fin du sommet dans 10 jours.

A Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel a estimé que Pékin et Delhi devaient s'engager plus avant. «Aucun pays ou continent ne peut seul sauver le climat. (...) Tout le monde doit faire plus, mais surtout des pays comme la Chine et l'Inde».

La Chine doit s'assigner des objectifs plus ambitieux si elle veut diviser par deux le volume par habitant de ses émissions de gaz à effet de serre, souligne le rapport «Vers la propreté: Economie du développement chinois pauvre en CO2» publié mardi à Pékin.

Aide au pays émergents

Mais elle ne pourra pas y parvenir sans aide, et le système d'aide internationale a révélé son inadéquation, a déclaré Fan Gang, conseiller de la banque centrale chinoise et l'un des principaux auteurs du rapport.

La question du financement, notamment par les pays développés, de l'adaptation des pays les plus vulnérables - qui doit constituer «le coeur de l'accord» selon le ministre français du Climat Jean-Louis Borloo - était également largement débattue.

Les réductions d'émissions sont âprement négociées à huis-clos, mais l'urgence à agir au quotidien est aussi rappelée à tout instant. Vision artistique originale de l'invisible tonne de CO2 dont tout le monde parle: un gros cube rouge de la taille d'un immeuble de trois étages flotte sur un lac de Copenhague. Une tonne de CO2 représente les émissions mensuelles moyennes d'un habitant de l'Union européenne. (ats)

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