Proche-Orient: Les négociations à un moment «critique»
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Proche-OrientLes négociations à un moment «critique»

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, a appelé jeudi les dirigeants israéliens et palestiniens à «un compromis décisif» pour sauver le processus de paix.

Les pourparlers de paix israélo-palestiniennes se trouvent à «un moment critique», a souligné M. Kerry malgré une rencontre de dernière minute entre les négociateurs la nuit dernière, assurant néanmoins que «le dialogue reste ouvert». «Il existe encore un fossé qui doit être comblé assez rapidement», a dit M. Kerry en visite à Alger.

Les Etats-Unis avaient laissé avant cette déclaration entendre qu'ils pourraient abandonner les deux parties à leurs querelles.

Cette rencontre a réuni l'émissaire américain Martin Indyk, la ministre israélienne Tzipi Livni, chargée du dossier des négociations, et le négociateur palestinien Saëb Erakat, selon les médias locaux.

Une seule chance

Les dissensions semblent à ce stade porter sur les concessions à faire de part et d'autre pour poursuivre les négociations. «Une dispute sur la manière de négocier ne doit pas vous écarter des négociations», a estimé M. Kerry. Il demande «un compromis décisif pour pouvoir avancer».

«Vous pouvez faciliter, vous pouvez pousser, vous pouvez donner un petit coup de coude, mais ce sont les parties elles-mêmes qui doivent prendre des décisions cruciales en vue d'un compromis», a déclaré M. Kerry.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest, a condamné les dernières décisions «non constructives et unilatérales» prises par les deux parties. Il assure qu'il reste une chance de parvenir à une solution diplomatique.

Le chef de l'opposition israélienne, le travailliste Yitzhak Herzog, a jugé le comportement des deux parties digne d'un «jardin d'enfants». Il a mis en garde contre un désengagement de Washington, après une rencontre avec l'ambassadeur américain en Israël Dan Shapiro.

Demandes d'adhésion signées

Avant la rencontre tripartite, le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'était entretenu au téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas. Il devait à nouveau parler avec eux jeudi.

Insatisfait des propositions de compromis échafaudées entre MM. Kerry et M. Netanyahu pour régler le litige sur les prisonniers, M. Abbas a signé mardi les demandes d'adhésion à 15 accords et traités internationaux, à commencer par les Conventions de Genève sur la protection des civils.

Mais les dirigeants palestiniens ont multiplié les déclarations apaisantes, assurant vouloir poursuivre les négociations. Israël et les Etats-Unis s'opposent eux aux démarches palestiniennes, affirmant qu'il s'agit de diversions par rapport au processus de paix.

Prochaine réunion d'urgence

«Cette rencontre (tripartite) après les demandes des Palestiniens auprès des Nations unies, contraire à tous leurs engagements, est une insulte à l'Etat d'Israël», a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Zeev Elkin, membre du Likoud (droite nationaliste), le parti de M. Netanyahu, cité par les médias locaux.

La crise a poussé la Ligue arabe à convoquer une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères le 9 avril au Caire. (ats)

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