Burundi: Les négociations avancent au Burundi
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BurundiLes négociations avancent au Burundi

Le président burundais Pierre Nkurunziza a officiellement déposé vendredi sa candidature, source depuis 13 jours de manifestations émaillées de violences.

A son arrivée à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), M. Nkurunziza a promis que les manifestations, devenues selon lui une «insurrection», seront «maîtrisées d'ici peu». «Je vous promets que les élections vont bien se dérouler», a-t-il ajouté.

Une atmosphère plus calme

La capitale burundaise Bujumbura, théâtre de manifestations contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza depuis 13 jours, était calme vendredi, alors que des négociations entre opposants et partisans du chef de l'Etat avançaient, selon des sources proches des discussions.

Dans les quartiers périphériques de la capitale, foyers de la contestation entamée le 26 avril au lendemain de l'investiture de Pierre Nkurunziza par son parti à la présidentielle du 26 juin, aucun incident n'a été signalé vendredi matin.

Dans deux de ces quartiers, Cibitoke et Nyakabiga, un photographe de l'AFP n'a vu que quelques jeunes manifestant dans les rues. Il pleuvait à torrent sur la capitale, sous un ciel noir et très lourd.

Pendant ce temps, les négociations informelles entamées ces derniers jours sous la pression de la communauté internationale entre le pouvoir et les opposants au troisième mandat -- une grande partie de l'opposition politique et la société civile -- semblaient progresser:

Selon deux sources proches de ces négociations, un accord serait même proche.

Selon l'une d'elles, il prévoirait un report des élections mais «renverrait» surtout, pour sortir de la crise, «aux décisions prises par les chefs d'Etat de l'EAC», la Communauté d'Afrique de l'Est, qui se réunissent en sommet extraordinaire sur le sujet à Dar es Salaam (Tanzanie) mercredi.

L'EAC regroupe le Burundi, la Tanzanie, le Rwanda, l'Ouganda et le Kenya. Le Burundi a aussi prévu des législatives et communales le 26 mai avant la présidentielle de juin.

Les manifestations anti-troisième mandat, interdites par le gouvernement, ont depuis le début été émaillées de heurts parfois violents opposant les manifestants aux policiers ou aux jeunes du parti du pouvoir, les Imbonerakure, qualifiés de «milice» par l'ONU.

Les violences ont déjà fait 18 morts: 17 à Bujumbura, où la contestation est concentrée, mais un aussi jeudi en province, où se déroulent également des rassemblements.

Pierre Nkurunziza a été élu une première fois en 2005 par le Parlement, et une deuxième en 2010 au suffrage universel direct.

Ses opposants jugent un troisième mandat anticonstitutionnel et surtout contraire aux accords d'Arusha qui avaient ouvert la voie à la longue guerre civile burundaise (1993-2006).

Ses partisans jugent la démarche parfaitement légale.

Depuis des mois, les communautés internationale et régionale craignent que la candidature de Pierre Nkurunziza ne replonge le petit pays d'Afrique des Grands Lacs dans des violences à grande échelle.

Elles multiplient, ouvertement ou en coulisses, les interventions ces derniers temps pour tenter de trouver une issue à la crise. (afp)

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