Union européenne: Les négociations sur le budget 2013 bloquées

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Union européenneLes négociations sur le budget 2013 bloquées

Les discussions sur le budget 2013 de l'Union européenne étaient au point mort vendredi.

L'Union européenne bute sur son budget 2013.

L'Union européenne bute sur son budget 2013.

Les ministres européens, réunis vendredi à Bruxelles avec l'intention affichée de tailler dans les dépenses du budget commun pour 2013, ont échoué dans leurs négociations. Une nouvelle réunion de la dernière chance est prévue mardi après-midi.

Les négociations entre les Etats et le Parlement européen sur le budget de l'UE ont échoué, a annoncé le chef de la délégation du Parlement européen, Alain Lamassoure. Le Conseil des ministres «n'était pas en mesure de négocier. Alors les négociations ont été supendues», a-t-il expliqué.

Les Etats ont ensuite donné une heure au commissaire en charge du Budget, Janusz Lewandowski, pour leur soumettre «une proposition de compromis créative et consensuelle», a indiqué son porte-parole.

Mais «il n'a pas été possible de parvenir à un accord définitif, alors nous avons jugé plus judicieux de suspendre la réunion», a confirmé peu après le ministre chypriote chargé des affaires européennes, Andreas Mavroyanis, qui a présidé la réunion.

Dès vendredi matin, la présidence chypriote de l'UE avait prédit une «longue nuit» de négociations. «Nous devons impérativement trouver un accord sur le budget 2013 avant mardi», avait expliqué M. Mavroyanis. «Une nouvelle réunion a été convoquée mardi après-midi, mais attention, le délai limite est mardi minuit», a-t-il averti vendredi soir, après l'échec des pourparlers.

Les Pays-Bas inflexibles

Sa médiation ne sera pas facile. «Il ne faut pas s'attendre à une quelconque flexibilité de ma part», a affirmé le nouveau ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem. «Nous avons pris des mesures drastiques aux Pays-Bas, nous ne pouvons pas accepter que le budget européen augmente. La Commission doit décider de ses priorités et couper là où c'est nécessaire», a-t-il dit.

Les Pays-Bas sont un des pays les plus intransigeants avec la Grande-Bretagne. «La Commission demande une augmentation de 6,8% des dépenses. Le Royaume-Uni et d'autres refusent cela», a rappelé la représentation britannique vendredi matin.

Avant même d'aborder le budget 2013, la réunion a commencé par l'examen d'une demande de contributions pour combler un trou de 8,9 milliards d'euros manquants dans celui de cette année, qui a mis à sec les caisses de plusieurs programmes, dont les bourses étudiantes Erasmus.

Fonds déjà affecté

Pour éviter de remettre de l'argent frais, huit Etats - Allemagne, France, Royaume Uni, Suède, Pays-Bas, Finlande, Danemark et Autriche - ont demandé la réaffectation de crédits non utilisés, qu'ils estiment à 15 milliards d'euros. Mais la Commission leur a répondu que cet argent était déjà affecté.

La position de ces pays bloque notamment un accord pour le remboursement de 670 millions d'euros dus à l'Italie au titre de la solidarité après le séisme en Emilie Romagne en mai 2012.

Les discussions devraient se poursuivre mardi sur le projet de budget 2013 proposé par la Commission, qui prévoit 138 milliards d'euros de dépenses, soit une hausse de 9 milliards ( 6,8%) par rapport à 2012.

Elles seront tout aussi difficiles, car sept des douze contributeurs nets - Royaume-Uni, France, Allemagne, Finlande, Suède, Pays-Bas et Autriche - refusent toute augmentation de leur quote-part et veulent réduire le projet de 5 milliards. La France a calculé qu'elle devrait sinon augmenter sa contribution de 1,6 milliard d'euros.

Lettre ouverte pour la défense d'Erasmus

Le négociateur du Parlement européen, l'eurodéputé conservateur français Alain Lamassoure, a dénoncé une «obsession» des ministres pour les coupes et a rappelé que cet argent devait servir à «rembourser des dépenses engagées par les Etats».

Le budget 2013 est le dernier de la période 2007-2013, et l'exercice de coupes est en droite ligne avec les positions affichés par les sept gouvernements sur le budget 2014-2020. «Un échec risque d'empoisonner les négociations sur le budget pluriannuel» lors du sommet européen extraordinaire des 22 et 23 novembre, a reconnu vendredi matin M. Mavroyanis.

Une des conséquence pourrait être la réduction des fonds alloués à certains programmes européens comme les bourses Erasmus, la recherche, les aides à la formation.

Une centaine de personnalités européennes sont montées au créneau jeudi, dont le philosophe français Michel Serres et le cinéaste espagnol Pedro Almodovar, en adressant une lettre ouverte aux dirigeants européens pour défendre Erasmus, devenu emblématique des conséquences des coupes dans les dépenses.

(ats/afp)

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