Suisse - Les non-vaccinés mutés à d’autres postes?

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SuisseLes non-vaccinés mutés à d’autres postes?

La pression en faveur de la vaccination est de plus en plus forte. Si l’Union patronale suisse arrive à ses fins, les personnes refusant la vaccination devraient pouvoir être transférées.

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bsc/fpo/cap/jbm
Passer d’un emploi de bureau à un travail en entrepôt pour les employés non vaccinés serait une option envisagée par le patronat.

Passer d’un emploi de bureau à un travail en entrepôt pour les employés non vaccinés serait une option envisagée par le patronat.

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En Suisse, personne ne peut être contraint de se faire vacciner; ce serait illégal. L'Union patronale suisse a donc une autre idée: toute personne qui refuse de se faire vacciner mais qui occupe un poste où cela serait nécessaire devrait pouvoir être transférée. «Car, comme l’a déjà indiqué le Tribunal administratif du canton de Saint-Gall dans un jugement rendu en 2006, les employés qui ne veulent pas se faire vacciner mais qui présentent effectivement un potentiel de risque accru, par exemple pour des patients particulièrement vulnérables, peuvent être affectés à un autre poste», explique Fredy Greuter, porte-parole de l’Union patronale suisse.

Menacer d’une mutation les employés qui ne veulent pas se faire vacciner est une erreur, répond l'Union syndicale suisse (USS). Une telle solution contribuerait à une contrainte indirecte à la vaccination. Car une personne qui occupe un poste exposé, comme l’accueil des clients, et qui ne veut pas se faire vacciner ne peut pas être transférée sans autre forme de procès dans l’entrepôt par son supérieur hiérarchique, explique Nicolas Facincani, avocat spécialisé dans le droit du travail. «Cela n’est autorisé que si le cas est prévu dans la description du poste». Un transfert serait légal en cas d’urgence. Mais si quelqu’un refuse une vaccination, ce critère n’est pas rempli.

Les employés pourraient «refuser de travailler dans l’entrepôt dans des cas extrêmes et avoir quand même droit aux salaires», ajoute Nicolas Facincani. Toutefois, il ne conseille pas d’en arriver à cette extrémité: «Le patron pourrait aller jusqu’à vous licencier. Vous pouvez vous défendre contre ce licenciement abusif et demander une indemnisation, mais la relation de travail sera quand même rompue», précise l’avocat.

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