Tests covid – Les non-vaccinés rechignent à sortir le porte-monnaie
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Tests covidLes non-vaccinés rechignent à sortir le porte-monnaie

Depuis lundi matin, les tests permettant d’obtenir un certificat Covid sont payants. La plupart des pharmacies constatent une baisse des demandes.

par
Pauline Rumpf
En plus d’être peu agréable, le frottis nasopharyngé coûte désormais entre une trentaine et une soixantaine de francs. 

En plus d’être peu agréable, le frottis nasopharyngé coûte désormais entre une trentaine et une soixantaine de francs.

20min/Celia Nogler

Le pass Covid est encore un peu plus difficile d’accès pour les non-vaccinés depuis ce lundi matin: les tests pour obtenir le graal sont en effet devenus payants. Dans les pharmacies, on constate déjà une baisse de fréquentation. «Pas mal de gens ne sont pas au courant mais dès qu’on leur dit qu’il faudra payer, d’un coup, ils n’ont plus besoin de test», raconte une répondante de Quai Santé à Montreux.

Les nouvelles règles

Depuis le 11 octobre, la Confédération ne prend plus en charge les dépistages pour les asymptomatiques qui désirent obtenir un certificat avec code QR. Ils restent cependant remboursés pour ceux qui se font tester pour cause de symptômes, à la suite d’un contact avec un cas confirmé ou encore pour rendre visite à un patient à l’hôpital, par exemple. Ceux-ci ne recevront cependant qu’une attestation, qui ne suffit pas pour aller au restaurant ou accéder à d’autres lieux soumis au pass Covid.

Les jeunes de moins de 16 ans et ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner pour des raisons médicales échappent toutefois à la facturation et peuvent obtenir un certificat complet.

Les personnes ayant reçu une première dose peuvent également se faire tester gratuitement jusqu’au 30 novembre en attendant leur vaccination complète. En outre, depuis le 1er octobre, les autotests ne sont plus gratuits non plus.

«Le lundi est normalement un jour de grosse fréquentation, notamment pour les employés qui doivent montrer patte blanche au bureau, rappelle Fariba Schams, responsable de la pharmacie de la Batelière à Lausanne. Or, aujourd’hui, on doit avoir 50% de fréquentation en moins. On a reçu de nombreux téléphones d’annulation et moins de prises de rendez-vous. En revanche, parmi ceux qui continent à venir, il y a pas mal de gens qui ne paient pas car ils ont reçu une première dose. On dirait donc que cette stratégie du gouvernement a quand même fait effet.» Même constat à la pharmacie Geny à Lausanne: «Environ 25% de moins ce lundi, et pas mal de semi-vaccinés», analyse Sonia, pharmacienne.

Certains grands centres de dépistages continuent toutefois de tester à la chaîne, sans diminution visible de la demande. «On a des rendez-vous toutes les dix minutes, pas de changement», atteste par exemple la pharmacie Amavita Golaz, toujours à Lausanne. Situation identique au centre de test d’Epalinges.

Des prix très variables

Plusieurs pharmacies indépendantes contactées pratiquent des prix inférieurs aux 50 francs fixés à titre indicatif par la Confédération. Ce montant est généralement perçu sur place au moment du test. «On facture 37 francs, ce qui nous permet de rentrer dans nos frais, assure Fariba Schams. On achète en grande quantité et on a formé toute l’équipe au dépistage et à la vaccination, en plus de quelques étudiants en médecine qui viennent nous aider les samedis.» D’autres lieux contactés indiquent également s’en sortir avec 40 francs. «Maintenant qu’on n’a plus affaire aux assurances pour le remboursement, on gagne un temps fou en paperasse, donc c’est rentable», sourit Sonia.

Cependant, la plupart des centres qui disposent de personnel spécifiquement dédié au dépistage pratiquent des prix plus élevés, allant au moins jusqu’à 60 francs.

Pas de pass si on a des symptômes

Un certain paradoxe apparaît dans le fait que deux personnes testées de la même manière ne recevront pas le même document selon que l’une a annoncé avoir des symptômes, ou rendre visite à un patient, et l’autre pas. Médicalement, en effet, toutes deux peuvent prouver ne pas être porteuses du virus. Mais la raison est plutôt pratique: cette décision permet d’éviter que des non-vaccinés ne contournent la règle et affirment avoir des symptômes pour ne pas payer leur test.

«Toutes les personnes qui peuvent et souhaitent se faire vacciner ont eu désormais la possibilité de le faire gratuitement, rappelle Grégoire Gogniat, porte-parole de l’OFSP. Le Conseil fédéral estime que ce n’est plus à la collectivité de prendre en charge les coûts liés aux tests pour les personnes qui ne souhaitent pas se faire vacciner et qui veulent obtenir un certificat pour participer à une manifestation. Il est par ailleurs toujours possible de se faire vacciner gratuitement.»

Face à une demande qui reste forte, le centre de dépistage de Beaulieu à Lausanne a annoncé renforcer ses horaires d’ouverture à l’approche des vacances d’automne. Il ouvrira désormais du mardi au samedi, jusqu’au 6 novembre.

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