Mobile World Congress: Les nouveaux smartphones gourmands en données
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Mobile World CongressLes nouveaux smartphones gourmands en données

Les visiteurs du salon Mobile World Congress (MWC), qui s'est achevé jeudi à Barcelone, auront pu y admirer des appareils plus rapides et plus puissants, mais aussi plus gourmands en mémoire.

Chaque année en prélude au printemps, la capitale catalane voit défiler les dernières créations des principaux fabricants de smartphones, Apple excepté. Cette année, Samsung, LG, HTC, Sony et Microsoft ont en particulier mis l'accent sur la vitesse, la définition de l'écran ainsi que l'utilisation de matériaux plus nobles.

Désormais, les appareils haut de gamme affichent à l'écran une définition standard de 2560 x 1440 pixels. Pour les tablettes, la 4K s'est invitée avec là 3840 x 2160 pixels. Côté photo, les capteurs de la dernière génération disposent d'une définition de 20 Megapixels et peuvent filmer en 4K.

Si les écrans gagnent ainsi en netteté et peuvent afficher le moindre détail, les technologies à la base de cette évolution nécessitent elles une puissance de calcul accrue, de batteries plus puissantes et surtout une plus grande quantité de données. Ces appareils mettent à rude épreuve les réseaux mobiles des opérateurs de téléphonie.

Contenus vidéos très appréciés

Selon une étude réalisée par l'équipementier suédois Ericsson, les smartphones dotés d'une définition d'écran de 480 x 800 pixels consommaient 500 Megabytes de données par mois. Les possesseurs d'appareils récents, disposant d'une résolution de 1920 x 1080 pixels (Full HD) en nécessitent eux 8 fois plus soit plus de 4 Gigabytes (GB).

La soif de données des appareils mobiles augmente aussi du fait que leurs utilisateurs préfèrent désormais le visionnement de contenus à la lecture. L'époque à laquelle les abonnés à Facebook, par exemple, envoyaient de brefs messages est désormais révolue. Le partage avec les amis se fait de préférence sous la forme de vidéos. Ainsi, le réseau social fondé par Mark Zuckerberg génère pas moins de 20% du trafic mondial de données, suivi de YouTube, Instagram et Snapchat.

Pour la seule Suisse, les services de télévision en direct tels que Zattoo ou Swisscom TV air figurent au rang des gros consommateurs. Ces offres de TV y compris la possibilité de visionner en différé des contenus durant sept jours sont très appréciées des consommateurs. Globalement, les contenus vidéos sont à l'origine de la vive croissance des volumes de données des clients, indique Therese Wenger, la porte-parole d'Orange.

Des propos que confirme également son homologue de Swisscom, Olaf Schulz: les clients mobiles de Swisscom consomment eux aussi de plus en plus de données. Alors qu'en octobre 2013 la consommation moyenne atteignait 1,2 GB, celle-ci est passée pour les abonnés à «Natel Infinity» à plus de 2,5 GB. Pour les jeunes, la quantité est encore plus grande.

Problèmes techniques

Et la soif de données n'est pas près d'être étanchée. Ericsson estime qu'en 2020, les appareils mobiles en consommeront cinq fois plus qu'actuellement, soit 6,5 GB par mois. Pour l'heure en Suisse, la demande en la matière double chaque année.

Si cette évolution se veut à première vue réjouissante pour les opérateurs, elle pose aussi des problèmes techniques au niveau de l'expansion du réseau mobile. Cette soif de données ne peut plus être apaisée par le seul progrès technique. Swisscom, Orange et Sunrise ne cessent d'améliorer le réseau avec par exemple l'adoption de la norme 4G offrant un débit de 300 Mbit par seconde.

«Chaque année, nous investissons un montant à trois chiffres en millions de francs dans l'expansion du réseau mobile», rappelle Swisscom. Et Orange précise pour sa part que le développement technique bénéficie à l'ensemble de la clientèle que cette dernière dispose un plan mensuel ou un abonnement à prépaiement.

A la faveur des nouvelles techniques, les réseaux gagnent non seulement en rapidité mais aussi en efficacité. Par rapport au bon vieux GSM, le LTE peut faire transiter plus de 50 fois plus de données. Cependant, cette soif de données nécessite aussi de nouveaux émetteurs. Une conclusion à laquelle arrive aussi un rapport du Conseil fédéral portant sur les réseaux mobiles de l'avenir.

Certes, certaines astuces techniques, telles que les micro-cellules ou l'intégration des réseaux sans fil WLAN permettent de satisfaire les besoins croissants. Mais au final, les opérateurs auront besoin soit de nouveaux sites pour leurs antennes d'émission ou d'augmenter la puissance de celles qui existent déjà.

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