Genève: Les nouvelles «polices» crispent les gendarmes
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GenèveLes nouvelles «polices» crispent les gendarmes

A l'heure où plusieurs communes renforcent leur présence sur le terrain de la sécurité, certains policiers grincent des dents.

par
tpi
Les policiers aimeraient avoir plus de temps pour patrouiller.

Les policiers aimeraient avoir plus de temps pour patrouiller.

Des médiateurs de nuit patrouilleront l'an prochain à Vernier et une dizaine d'agents de sécurité préventive maintiendront l'ordre autour des bâtiments culturels de la Ville. Ils devront désamorcer les conflits et prévenir les incivilités. En revanche, en cas d'infraction, il devront faire appel à la gendarmerie, seul corps à posséder les attributions judiciaires nécessaires pour enregistrer et traiter des plaintes.

Une surcharge de travail administratif qui ne réjouit pas certains policiers, déjà occupés à traiter les rapports de dénonciation transmis par les agents de police municipale (APM), ou encore ceux des Gardes-frontière. «Si des APM pincent un conducteur sans permis, une patrouille de gendarmes est accaparée pendant deux à trois heures pour traiter le dossier. Et au final, il y a de moins en moins de policiers dans les rues», déplore un fonctionnaire des forces de l'ordre.

Du côté des APM, on regrette également cette situation. «C'est ennuyeux d'embêter la police avec de petits délits. En outre, devoir lâcher une affaire quand celle-ci devient intéressante est frustrant. On aimerait bien mener un dossier de bout en bout», explique un agent de la Ville. Pierre Maudet, conseiller administratif en charge de la sécurité, y est d'ailleurs favorable. «Il faudrait faire évoluer la loi cantonale afin d'alléger le travail de des gendarmes.»

Une modification qui trouverait un soutien devant le Grand Conseil. «D'une manière générale, la commission judiciaire verrait d'un bon œil une demande allant dans ce sens», assure le député Olivier Jornot.

Donner plus de pouvoir aux APM

Les agents de la police municipale sont contraints, pour la majorité des infractions qu’ils observent, de dresser un rapport de dénonciation et de le transmettre aux gendarmes. Ces derniers valident, voire complètent le rapport afin que l’amende soit dressée. Les APM, sans marcher sur les plate bandes de la police, pourraient donc prochainement traiter certaines affaires, par exemple de mendicité, de A à Z.

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