Actualisé 22.12.2011 à 18:00

Syrie

Les observateurs arrivent à Damas

Une première équipe d'observateurs de la Ligue arabe est arrivée jeudi à Damas, la capitale de la Syrie, alors que la répression du mouvement de contestation s'intensifie.

L'équipe dépêchée à Damas est dirigée par un haut responsable de la Ligue arabe, Samir Seif al Yazal, et comprendrait une dizaine de personnes, dont des experts financiers, administratifs et juridiques. Ils sont chargés de s'assurer que les observateurs pourront se déplacer librement dans le pays.

Les envoyés de la Ligue arabe doivent en effet préparer une mission d'observation qui devra vérifier que le président Bachar el- Assad respecte le plan de la Ligue arabe auquel il a donné son accord.

Ce plan prévoit notamment un retrait des troupes syriennes stationnées dans les rues des villes, la libération des prisonniers politiques et le dialogue avec l'opposition.

Accès aux prisons

L'équipe principale, qui comprend environ 150 observateurs, devrait être en Syrie d'ici la fin de la semaine prochaine. Damas a hésité pendant six semaines avant de signer lundi le protocole autorisant l'envoi d'observateurs étrangers.

Le secrétaire de la Ligue arabe, Nabil Elarabi, avait déclaré mardi que les observateurs demanderaient à avoir accès aux hôpitaux, aux prisons et à d'autres sites du pays. La mission fera des rapports quotidiens. Selon lui, la mission ne devrait pas avoir besoin de plus d'une semaine pour faire son rapport.

La violence sur le terrain ne faiblit pas. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) rapporte que deux personnes ont été tuées jeudi lors d'une attaque des forces de sécurité sur un village. Mardi, les forces armées syriennes auraient tué 111 civils et activistes dans la province d'Idlib, à la frontière avec la Turquie, selon l'ONG basée à Londres.

Les Etats-Unis jugent que les autorités syriennes ont «violé de manière flagrante leur engagement de mettre un terme à la violence». L'ex-allié turc a condamné une politique «d'oppression qui a plongé le pays dans un bain de sang».

Pas de «zone tampon»

D'après un homme politique libanais, le régime syrien serait en train d'essayer d'écraser tous les mouvements d'opposition dans la région avant l'arrivée des observateurs et pour empêcher la création d'une «zone tampon» à la frontière turque.

Le Conseil national syrien (CNS), principal organe de l'opposition, a pressé la Ligue arabe et les Nations unies de protéger les civils. Il a par ailleurs appelé à la création de «zones de sécurité» sous protection internationale. Le CNS a également demandé au Comité international du Croissant-Rouge et d'autres ONG à fournir une aide d'urgence.

Le gouvernement a promis une élection législative au début de l'année prochaine ainsi qu'une réforme constitutionnelle qui pourrait relâcher l'emprise du parti Baas au pouvoir sur la gouvernance du pays. Les opposants syriens sont sceptiques sur la volonté d'Assad de mettre en oeuvre un tel plan.

Selon une lettre envoyée par Damas aux Nations unies et publiée jeudi par l'agence officielle Sana, «plus de deux mille militaires et membres des forces de sécurité ont été tués en Syrie en neuf mois». Les responsables syriens affirment de plus qu'un millier de prisonniers ont été libérés depuis la signature du plan il y a six semaines et que l'armée s'est retirée des villes.

Les Nations unies ont évalué la semaine dernière le bilan de la répression à plus de 5000 morts depuis le début des troubles en mars. Mais ce nombre s'est encore alourdi depuis, renforçant les craintes de voir la Syrie basculer dans une guerre civile.

(ats)

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