Canton de Vaud: Les officiers gendarmes refusent de se taire
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Canton de VaudLes officiers gendarmes refusent de se taire

«20 minutes» s'est procuré une lettre interne des gendarmes au Conseil d'Etat, l'appelant à rectifier la réforme policière en cours.

par
Marco Ferrara

Les gendarmes sont froissés. Cheffe du Département de la sécurité, Jacqueline de Quattro leur a rappelé, début février, leur devoir de réserve dans le débat sur la réforme policière, dont ils sont pourtant les initiants. Vingt jours plus tard, quarante officiers lui ont répondu qu'ils refusent de se taire: «Le citoyen a le droit d'être complètement informé.»

Selon ce courrier, auquel «20 minutes» a eu accès, une réforme sans police unique «prétéritera la sécurité des Vaudois». La lettre appelle le Conseil d'Etat à revenir à sa position de 2006, lorsqu'il a adhéré à l'idée d'un seul corps de police. Une fracture entre la ministre et les gendarmes?

«Il n'y a pas de conflit avec mes hommes, répond Jacqueline de Quattro. Ils savent que je les ai soutenus dans la réforme salariale et dans les heures sup de l'Eurofoot», rappelle la conseillère d'Etat, qui se dit «sereine». Une sérénité mise bientôt à l'épreuve, car le Conseil d'Etat ne soutiendra pas la réforme policière «D'Artagnan» prônée par les gendarmes.

A la place d'une police unique immédiate, il défend une première étape passant par le consensus trouvé avec les municipalités après dix-huit ans de blocage politique. Cet accord propose un commandement mixte (canton et communes), que les officiers disent voué à l'échec. Ils préféreraient même le statu quo à toute autre solution «hybride».

Face à la campagne à venir, un cadre sera posé afin de permettre le débat public entre le gouvernement et ses propres employés.

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