Durant le confinement: Les oiseaux ne sont pas plus nombreux, mais plus visibles
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Durant le confinementLes oiseaux ne sont pas plus nombreux, mais plus visibles

Y avait-il vraiment plus d'oiseaux dans les villes? Un an après un premier confinement, des chercheurs espagnols ont apporté une réponse qui remet en cause les premières impressions ressenties.

Durant le confinement, les oiseaux urbains ont repris un rythme plus naturel.

Durant le confinement, les oiseaux urbains ont repris un rythme plus naturel.

AFP

Rues vides, calmes et silencieuses. La pandémie actuelle a conduit à une situation inédite, également pour la faune qui s'accommode de nos villes, comme le relève «Sciences et Avenir», reprenant une étude publiée début mars dans la revue «Proceedings of the Royal Society B».

Imposé dans de nombreux pays, le confinement a de fait réduit les activités humaines. Certains chercheurs y ont vu l’occasion «d’évaluer les effets de notre mode de vie réducteur de la biodiversité», qualifiant même cela de «grande expérience sociale involontaire», comme le notent les auteurs de cette étude.

Nord-est de l’Espagne

Cette dernière s’est intéressée aux 16 espèces sédentaires d’oiseaux les plus courantes dans le nord-est de l'Espagne. Grâce à un projet de sciences participatives lancé sur la plateforme Ornitho, plus de 126’000 présences d'oiseaux ont pu être attestées durant les quatre premières semaines de confinement, débuté le 14 mars 2020 en Espagne. Ces données ont ensuite été comparées avec les chiffres obtenus entre 2015 et 2019 dans les mêmes zones urbaines et à la même période.

Il en ressort que «la probabilité d'occurrence d'une espèce pendant le confinement ne différait pas significativement de l'occurrence enregistrée en milieu urbain les années précédentes chez 12 des 16 espèces étudiées».

Autrement dit, cette étude réfute l’hypothèse selon laquelle les oiseaux seraient revenus dans les villes devenues «fantômes» en période de confinement.

Capacités d’adaptation

Toutefois, par leur capacité de s’adapter rapidement à de nouvelles conditions environnementales telles que celles imposées par le Covid-19, ces oiseaux étaient plus nombreux à être visibles et plus souvent entendus. Ils sont notamment devenus plus actifs à l’aube: «En milieu urbain, cette heure coïncide avec l'heure de pointe du matin, lorsque les rues sont bondées et bruyantes. Ces conditions nuisent à la communication et à l'alimentation des oiseaux», remarque l’auteur principal de cette étude.

En d’autres termes, les oiseaux urbains ont repris un rythme plus naturel, leur communication mais aussi leurs déplacements pour chercher de la nourriture étant facilités en raison de l’arrêt des activités humaines, notamment aux heures de pointe.

Mode de vie urbain

Mais les changements induits par le confinement ont été brutaux et de relativement courte durée. Un véritable processus de recolonisation de la faune n'a donc pas eu le temps de s'opérer.

«À la suite du confinement humain, des observations inhabituelles d’animaux dans les zones urbaines du monde entier ont inondé les médias et les réseaux sociaux, semant dans l’imaginaire social l’idée que «la nature reprend ses droits». Bien que plausible, cette idée est, dans la plupart des cas, basée sur des enregistrements anecdotiques, parfois faux, sans aucune enquête scientifique quantitative étayant une telle affirmation», soulignent les auteurs.

D’autres études permettront sans doute de confirmer ou d'infirmer cette hypothèse. Cette recherche en appelle toutefois à réfléchir à notre mode de vie urbain et à la manière dont il affecte le bien-être de la faune urbaine et compromet sa conservation.

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