Actualisé 28.04.2017 à 22:17

Macron-Le PenLes ombres du passé s'invitent dans le duel

Les deux candidats à la présidentielle française n'échappent pas aux relents historiques d'un pays au passé mouvementé.

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Le nouveau président sera vite confronté à un défi majeur: sceller une majorité claire aux législatives des 11 et 18 juin. (Lundi 8 mai 2017)

Le nouveau président sera vite confronté à un défi majeur: sceller une majorité claire aux législatives des 11 et 18 juin. (Lundi 8 mai 2017)

AFP
Des manifestations anti-Macron ont eu lieu à Paris lundi, à l'appel du collectif «Front social» et des syndicats. (Lundi 8 mai 2017)

Des manifestations anti-Macron ont eu lieu à Paris lundi, à l'appel du collectif «Front social» et des syndicats. (Lundi 8 mai 2017)

AFP
François Hollande et Emmanuel Macron déposent une gerbe ensemble sous l'Arc de Triomphe pour ouvrir les commémorations du 8 mai 1945. (lundi 8 mai 2017)

François Hollande et Emmanuel Macron déposent une gerbe ensemble sous l'Arc de Triomphe pour ouvrir les commémorations du 8 mai 1945. (lundi 8 mai 2017)

AFP

La Seconde Guerre mondiale s'est immiscée vendredi dans le duel présidentiel en France. Le parti de Marine Le Pen a dû éjecter son président, accusé de propos négationnistes. Emmanuel Macron s'est, lui, déplacé dans un village marqué par un massacre nazi.

Poursuivant une campagne offensive destinée à séduire de nouveaux électeurs, la cheffe du Front national (FN) a exhorté les partisans du tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon à «faire barrage» à son jeune rival centriste.

Silencieux dans le choeur de ralliements au candidat, le chef de «La France insoumise» (19,58% des voix) a rétorqué que son mouvement n'avait «rien à voir avec l'extrême droite», dans sa première déclaration publique depuis le premier tour.

«Est-ce qu'il y a une seule personne (...) qui doute du fait que je ne voterai pas Front national? Tout le monde le sait!», a-t-il ajouté, tout en se refusant à nouveau à donner une consigne de vote à ses partisans.

Marine Le Pen a néanmoins réussi à obtenir vendredi le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan (4,70% des voix), malgré les profondes divisions au sein de son mouvement quant à une éventuelle consigne de vote en vue du second tour. Le candidat souverainiste a jugé que la candidate n'était pas «d'extrême droite».

Premier ministre bientôt dévoilé

Mme Le Pen a aussi supprimé de sa profession de foi la mention de «la souveraineté monétaire», et donc de la sortie de l'euro.

Sur BFM TV, elle a annoncé vendredi qu'elle donnerait le nom de son Premier ministre «avant le second tour» de l'élection présidentielle. L'eurodéputée a ensuite dévoilé quelques éléments sur un futur gouvernement, qui ne serait pas forcément paritaire.

Mme Le Pen, qui s'est mise lundi en retrait de son parti pour mieux rassembler les électeurs, tente de reprendre la main après l'éviction du président par intérim du FN accusé de propos négationnistes - qu'il dément. Jean-François Jalkh a été remplacé au pied levé par le jeune député européen Steeve Briois.

Depuis qu'elle a pris la tête du FN en 2011, Marine Le Pen, 48 ans, s'est efforcée d'en lisser l'image sulfureuse, longtemps alimentée par les propos antisémites et révisionnistes de son père Jean-Marie.

En début de semaine, le cofondateur du FN, condamné à de multiples reprises notamment pour incitation à la haine raciale, a salué à la radio le «très beau résultat» obtenu par sa fille au premier tour, «l'aboutissement de 45 ans de bataille politique».

«Héritière du négationnisme»

Les thèses historiquement chères au FN avaient déjà surgi dans la campagne quand Mme Le Pen avait affirmé début avril que la France n'était «pas responsable» de la rafle du Vel d'Hiv qui avait conduit à la déportation de juifs sur ordre du pouvoir français en juillet 1942.

Le centriste Emmanuel Macron était lui à Oradour-sur-Glane, petite localité du centre de la France où une unité de la Waffen SS massacra 642 habitants le 10 juin 1944. «Quand vous avez face à vous une candidate qui renouvelle ce qu'elle a pu dire sur le Vel d'Hiv, qui est l'héritière directe et assumée de quelqu'un qui a porté le négationnisme, qui s'est construit politiquement contre le général de Gaulle, bien sûr que ça a un sens d'aller à Oradour», a-t-il déclaré avant sa visite.

Nouvelles voix anti-FN

L'ancien maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, s'est pour sa part référé à l'arrivée au pouvoir des nazis en Allemagne pour appeler à voter contre elle. «Dans les années 30 en Allemagne, l'extrême gauche n'a pas voulu choisir entre les sociaux-démocrates et les nazis. Hitler a été élu par le suffrage universel», a-t-il rappelé.

La maire de Lille et ex-première secrétaire du PS Martine Aubry a aussi explicitement appelé à voter Macron pour «faire barrage au FN».

Le président François Hollande a appelé à «chasser les mauvais vents» du «nationalisme» et du «repli». Son ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault a mis en garde contre «l'isolement total» qui guette, selon lui, le pays en cas de victoire de Marine Le Pen.

Enfin, Jean Lassalle a annoncé qu'il voterait blanc, appelant ses électeurs «à la résistance». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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