Les ONG se disent déçues

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Les ONG se disent déçues

La conférence de l'ONU sur la biodiversité s'est achevée vendredi à Bonn sur l'adoption de mesures en vue de la protection des écosystèmes menacés.

Les responsables gouvernementaux, suisses y compris, ont salué un succès alors que les ONG ont regretté l'absence de résultats plus concrets.

Les représentants des 191 pays présents à cette réunion ont approuvé la création de la première réserve naturelle dans les fonds marins et l'extension sur des dizaines de millions d'hectares des zones terrestres protégées.

«C'est un vrai succès», s'est réjoui le ministre allemand de l'environnement Sigmar Gabriel, représentant du pays hôte de cette 9e conférence de la Convention sur la diversité biologique (CDB) adoptée en 1992 lors du Sommet de la Terre à Rio.

Parmi les motifs de satisfaction figure aussi une «avancée» concernant l'accès aux ressources génétiques et du partage des bénéfices découlant de leur utilisation. «Pour la première fois depuis 15 ans, nous avons une feuille de route», s'est réjoui M. Gabriel, cité par l'AFP.

Cette question empoisonnait les relations entre pays industrialisés et pays en développement depuis l'adoption de la convention en 1992.

Les forêts tropicales des pays en développement abritent une faune et une flore d'une grande richesse génétique. Ce sont toutefois les grands groupes des pays industrialisés qui disposent de la technologie nécessaire pour les exploiter en développant de nouveaux médicaments.

Un partage équitable doit être envisagé. Les participants se sont mis d'accord pour achever d'ici deux ans un ensemble de propositions à ce sujet qui devra être approuvé lors de la prochaine conférence de la CBD qui se tiendra au Japon en 2010.

Agrocarburants - Suisse visée

Autre ouverture, selon les officiels, celle concernant les agrocarburants. Un programme de travail va être établi afin de «définir les critères pour évaluer l'impact des agrocarburants sur la biodiversité», a expliqué M. Gabriel. «C'est un vrai progrès», a-t-il jugé.

Interrogé par l'ATS, le directeur de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) Bruno Oberle, qui représentait la Suisse, s'est réjoui que la conférence ait placé cette thématique au centre des discussions. Et le responsable de rappeler que la Suisse est l'un des premiers pays à avoir adopté une règlementation sur le bioéthanol.

Sur ce point, l'ONG Pro Natura, par la voix de Sonja Ribi, a critiqué la Confédération. A l'instar d'autres organisations non gouvernementales, elle a demandé à la Suisse de renoncer à l'exonération de l'impôt sur les huiles minérales appliquée aux bioéthanols à partir du 1er juillet. Ceci eu égard à la crise alimentaire mondiale.

Nombreux sont ceux qui estiment que la production de biocarburants ou agrocarburants à partir de matières premières renouvelables concurrence la production destinée à l'alimentation humaine.

«Comme un escargot»

D'une manière générale, les organisations écologistes présentes à Bonn ont dit désespérer de la lenteur du processus onusien. L'ONU «avance comme un escargot pendant que les animaux et les plantes disparaissent à grande vitesse», s'est indigné Martin Kaiser, de Greenpeace international.

«Si cela continue, l'objectif de réduire de façon significative la perte de biodiversité d'ici 2010 ne sera jamais atteint», a-t-il souligné. Un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70 % des plantes sont aujourd'hui menacés au niveau mondial.

Cette conférence de l'ONU avait débuté le 19 mai. Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger s'est exprimé à la tribune lors du segment ministériel.

«Listes rouges» suisses

A cette occasion, les services de M. Leuenberger ont relevé que la situation en Suisse «n'est pas satisfaisante» en dépit des mesures prises au cours des dernières décennies. La moitié des espèces animales et un tiers des plantes à fleurs figurent sur les «listes rouges».

(ats)

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