Actualisé 09.02.2017 à 20:44

GenèveLes opposants au CEVA veulent dormir en paix

Selon l'étude qui défend leurs intérêts, associations et particuliers de Chêne-Bougeries veulent davantage d'aménagements anti-bruit.

von
Jérôme Faas
Les oppositions vont faire prendre du retard au chantier du CEVA.

Les oppositions vont faire prendre du retard au chantier du CEVA.

Keystone/Salvatore di Nolfi

Que veulent les riverains et associations qui viennent de faire opposition au CEVA, la future ligne de RER qui reliera Annemasse (F) à la gare Cornavin? Des mesures supplémentaires contre le bruit, pour ceux défendus par Me Nicolas Wisard. Il s'agit de l'association des Voirons, du nom d'un chemin qui jouxte le tracé, et de propriétaires de logements construits dans le même secteur, sur la commune de Chêne-Bougeries.

Il faut cependant distinguer deux types de demandes. L'association désire qu'un tronçon dépourvu de dalle flottante (la technologie permettant d'atténuer le bruit et les vibrations) en soit doté. Le groupe de propriétaires, lui, n'a pas ce problème: leurs logements bordent une section où est prévue une dalle. Ils la jugent cependant insuffisante. «On demande la prise en charge de mesures de génie civil sur les bâtiments», explique Me Lydia Orcel, collaboratrice de Me Wisard. Selon elle, il s'agit d'éviter des niveaux de bruit qui nuiraient au sommeil des riverains.

D'une manière générale, les opposants contestent les mesures de vibrations et de bruit menées par la direction du CEVA. Ils jugent qu'elles ne tiennent pas compte des pics de bruit, usant seulement de moyennes; et que les capteurs n'ont pas toujours été posés sur les bâtiments pertinents, avait expliqué mercredi Me Wisard à la «Tribune de Genève».

Me Lydia Orcel assure en tout cas que ses clients n'agissent ni par dogmatisme anti-CEVA, ni par crainte que leurs biens perdent de la valeur immobilière, ainsi que le suggérait mercredi un proche du dossier. C'est de la qualité de leurs nuits dont il est question, explique-t-elle.

L'étude de Me Wisard défend par ailleurs les intérêts d'un troisième groupe de riverains, qui habitent près au Bachet. Ils ne savent pas encore si, eux aussi, déposeront des oppositions auprès de l'Office fédéral des transports. «Les résultats et mesures du bruit et des vibrations du secteur du Bachet ne sont pas encore connus», indique Me Orcel.

Le coût du confort

La direction du projet CEVA a expliqué mercredi être allée bien au-delà des normes légales en matière de protection contre le bruit et les vibrations. C'est notamment pour ne pas dégrader le confort des riverains qu'il a été prévu d'utiliser des dalles flottantes. Ces aménagements supplémentaires ont un prix: ils alourdissent le budget de 13 millions de francs.

Une longue procédure

A la suite de la mise à l'enquête publique, les oppositions (au nombre de quatre, pour l'heure) ont été déposées auprès de l'Office fédéral des transports. Celui-ci doit rendre des décisions. "Une affaire de mois", indique Me Orcel. Si ces décisions ne conviennent pas aux requérants, ils peuvent faire recours auprès du Tribunal administratif fédéral. En dernière instance, ils peuvent ensuite saisir le Tribunal fédéral. "La totalité de la procédure peut prendre plusieurs années", estime l'avocate.

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