France - Les opposants au pass sanitaire à nouveau dans la rue
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FranceLes opposants au pass sanitaire à nouveau dans la rue

Aux cris de «Liberté, liberté!» des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les rues de France samedi après-midi. Elles ont protesté contre l’extension du pass sanitaire et la vaccination obligatoire pour certaines professions.

Quelque 161’000 personnes, dont 11’000 à Paris, ont défilé samedi en France pour protester contre le pass sanitaire, soit davantage que samedi dernier, où 114’000 personnes avaient manifesté. Les rassemblements les plus importants ont eu lieu à Paris, mais aussi dans le sud de la France (Marseille, Nice, Montpellier et Bordeaux). Dans la capitale, où la mobilisation a enregistré une baisse (11’000 personnes contre 18’000 une semaine plus tôt), les manifestants se sont scindés en trois groupes distincts.

Essentiellement constitué de «gilets jaunes», un premier cortège a rejoint la Porte de Champerret. En chemin, des incidents sporadiques ont opposé policiers et manifestants dans le IXe arrondissement, puis à proximité des Champs-Elysées après la dispersion, selon des journalistes de l’AFP. Neuf personnes ont été interpellées, a indiqué le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Sur la place du Trocadéro (XVIe), plusieurs milliers de personnes, rarement masquées, se sont réunies à l’appel de Florian Philippot. Entre deux «Marseillaise», le Président des patriotes et ex-n.2 du RN, a dénoncé «l’apartheid» que met en place l’exécutif, appelant à faire tomber «le tyran» Macron. Enfin, un millier de personnes a rejoint la place des Invalides.

Dans un tweet, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a fait état de «9 individus interpellés» à Paris, où des incidents ont eu lieu à proximité des Champs-Élysées. «Je condamne, a-t-il ajouté, avec la plus grande fermeté les comportements violents qui ont visé certains policiers, gendarmes et journalistes». Gérald Darmanin a remercié en outre «les forces de l’ordre mobilisées pour encadrer les manifestations».

Ces manifestations ont eu lieu alors qu’une très large majorité de français (76%) approuve la décision du président Emmanuel Macron de rendre obligatoire la vaccination pour les personnels soignants et d’autres professions, avec sanctions à la clef, selon un sondage Elabe pour BFMTV du 13 juillet. L’extension du pass sanitaire (vaccination complète ou test négatif récent) recueille aussi une majorité d’approbations.

Accélération de la vaccination

Regroupée autour des mots-dièse #manif24juillet, #PassDeLaHonte ou #liberté sur les réseaux sociaux, l’opposition aux mesures gouvernementales pour lutter contre le Covid-19 fédère des manifestants antimasques, antivaccins ou anticonfinement aux revendications protéiformes.

Samedi dernier, plus de 110’000 personnes avaient manifesté dans toute la France contre la vaccination, la «dictature» ou le pass sanitaire, dont 18’000 à Paris réparties en plusieurs cortèges et 96’000 dans le reste du pays, selon le Ministère de l’intérieur.

Pour enrayer la progression du variant Delta, le président Emmanuel Macron a présenté le 12 juillet une série de mesures. Source de débats et objet de nombreux amendements à l’Assemblée nationale, la présentation d’un pass sanitaire (parcours vaccinal complet ou test récent) est entrée partiellement en vigueur mercredi. Déjà appliquée dans les lieux culturels et de loisirs, son extension pour les cafés, restaurants et trains est prévue au début du mois d’août.

Le projet de loi sanitaire, qui prévoit notamment l’extension du pass sanitaire et l’obligation vaccinale pour les soignants, sapeurs-pompiers ou encore les professionnels auprès des personnes âgées, a été adopté en première lecture tôt vendredi matin à l’Assemblée. Actuellement en débat au Sénat, il doit en principe être adopté avant la fin du week-end.

Manifestations contre le pass sanitaire en Italie

Des milliers d’Italiens ont manifesté samedi à travers le pays contre l’introduction de nouvelles mesures touchant les personnes non-vaccinées afin de ralentir la hausse des infections. «Liberté!» et «Non à la dictature», scandaient les manifestants depuis Naples dans le sud, à Turin dans le nord, tandis qu’à Milan, ils criaient, sous une pluie battante, «Non au pass sanitaire!». La grande majorité d’entre eux ne portaient pas de masque.

L’Italie va introduire le 6 août un pass sanitaire obligatoire pour accéder aux lieux fermés comme les bars et restaurants, mais également les piscines, les salles de sport, les musées, les cinémas et les théâtres ainsi que les salles de jeux.

Le pass sanitaire, baptisé «green pass» dans la péninsule, pourra être délivré dès la première dose de vaccin, mais aussi aux personnes guéries du Covid et à celles qui ont obtenu un test négatif dans les 48 heures précédentes.

Manifestations contre les mesures sanitaires en Australie

Des milliers de personnes ont également manifesté samedi en Australie contre les mesures sanitaires visant à endiguer la reprise de l’épidémie de Covid-19 due au virulent variant Delta, qui contraint de nombreux pays à renforcer les restrictions. À Sydney, des échauffourées ont eu lieu entre policiers à cheval et manifestants qui leur ont lancé des pots de fleurs et des bouteilles, alors que les habitants de cette ville de cinq millions d’habitants ont ordre de rester chez eux pendant un mois. Et à Melbourne, les médias locaux ont indiqué que des milliers de personnes avaient envahi les rues après s’être rassemblées devant le parlement de l’État de Victoria.

Les manifestants, qui ne portaient pas de masque, ont transgressé des règles relatives aux déplacements non essentiels et aux rassemblements publics édictées par les autorités, ces dernières ayant laissé entendre que les mesures pourraient s’appliquer jusqu’en octobre.

«Wake up Australia» (Australie, réveille-toi), pouvait-on lire sur des pancartes, les slogans faisant écho aux messages vus lors de manifestations similaires à l’étranger. «Nous avons malheureusement vu aujourd’hui à Sydney le spectacle désolant que nous avons pu constater dans d’autres villes», a déclaré le ministre de la police de l’État de Nouvelle-Galles du Sud, dont Sydney est la capitale, David Elliott, à l’issue de la manifestation. «Il est assez clair que Sydney n’est pas préservée des idiots», a-t-il ajouté. Il a précisé qu’il s’attendait à ce que le rassemblement entraîne un pic des cas de Covid et exhorté les personnes présentes à se faire tester et à s’isoler.

(AFP)

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