Nicaragua - Les opposants détenus victimes de «tortures psychologiques»
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NicaraguaLes opposants détenus victimes de «tortures psychologiques»

Les proches des opposants nicaraguayens emprisonnés depuis début juin ont dénoncé, mercredi, des «tortures psychologiques» pendant la détention.

Des Nicaraguayens vivant au Costa Rica réclamaient, vendredi, la libération des opposants emprisonnés dans leur pays.

Des Nicaraguayens vivant au Costa Rica réclamaient, vendredi, la libération des opposants emprisonnés dans leur pays.

AFP

Les opposants au président nicaraguayen Daniel Ortega emprisonnés, dont plusieurs anciens pré-candidats à l’élection présidentielle du 7 novembre, sont soumis à de la «torture psychologique», ont dénoncé mercredi des proches de détenus et un de leurs avocats.

Les proches des 34 opposants arrêtés depuis début juin ont été autorisés mardi, pour la première fois, à leur rendre visite, selon un communiqué du Parquet nicaraguayen. Ceux qui ont pu exercer ce droit de visite ont critiqué les conditions de détention.

Les prisonniers, ont-ils dénoncé, sont maintenus à l’isolement, ne peuvent pas communiquer entre eux, ne sortent à l’air libre qu’une fois par semaine tandis que la lumière est allumée en permanence dans leurs cellules et qu’ils ne peuvent ni lire, ni regarder la télévision.

Parmi les prisonniers qui ont pu recevoir de la visite figurent les anciens pré-candidats à la présidence Félix Maradiaga, Juan Sebastian Chamorro et Arturo Cruz, ainsi que l’ancienne guérillera sandiniste historique Dora Maria Tellez et la syndicaliste Violeta Granera.

Depuis Washington, l’avocat international Jared Genser, qui défend Felix Maradiaga et Juan Sebastian Chamorro, a dénoncé la «torture psychologique» infligée à ses clients depuis qu’ils sont en prison, même s’ils «n’ont pas été frappés physiquement».

Les deux hommes politiques, maintenus à l’isolement et «soumis à de fréquents et durs interrogatoires» ont perdu chacun plus de dix kilos depuis leur arrestation, indique l’avocat dans un communiqué.

Des opposants accusés de «trahison à la patrie»

«Elle va bien, maigrichonne mais bien. Elle était très émue, elle pleurait… Elle ne m’a pas reconnu tout de suite. Elle n’a pas de draps ni d’oreiller. On ne l’autorise pas à avoir ne serait-ce que la Bible ou un chapelet», a indiqué sur les réseaux sociaux Julio Sandino après avoir rendu visite à sa mère Violeta Granera.

Les opposants arrêtés, dont sept anciens pré-candidats présidentiels, sont accusés les uns de blanchiment d’argent, les autres de «trahison à la patrie» en vertu d’une loi adoptée l’an dernier et qui prévoit de lourdes peines de prison contre ceux qui inciteraient à l’ingérence étrangère ou qui approuveraient les sanctions internationales imposées au pays ou à des membres du régime.

Des élections le 7 novembre

Le Parquet a annoncé que Felix Maradiaga et Juan Sebastian Chamorro sont convoqués à une audience préliminaire, qui se tiendra vendredi à huis clos dans la sinistre prison d’El Chipote à Managua, sous l’accusation d’atteinte à l’intégrité nationale et conspiration.

Dénonçant «une violation de leur droit à un procès équitable», Me Genser a réclamé une «audience publique» et «l’accès des avocats à leurs clients et au dossier de l’accusation».

Le président Ortega, un ancien guérillero âgé de 75 ans, au pouvoir depuis 2007, brigue un quatrième mandat consécutif à la tête de l’État lors des élections du 7 novembre pour laquelle tout adversaire sérieux a été évincé ou emprisonné.

(AFP)

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