Vaud: Les oppositions mettent la tyrolienne en stand-by
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VaudLes oppositions mettent la tyrolienne en stand-by

Le projet d'attraction entre les Rochers-de-Naye et le col de Jaman n'a pas reçu de permis de construire. Ses promoteurs ne comptent pas abandonner.

par
Mirko Martino
photo: AFP

Le courrier a été reçu lundi tant par les opposants que par la société MOB, promotrice du projet: la tyrolienne entre les Rochers-de-Naye et le col de Jaman a été refusée par les communes de Montreux et de Veytaux. «Cela part d'un bon sentiment, mais le dossier est incomplet, explique le municipal montreusien Christian Neukomm. C'est un site protégé, il faut donc faire des demandes spéciales, qui sont manquantes pour l'instant. Les hauts de la commune sont magnifiques et il faudra réussir à intégrer cette activité dans ce cadre.»

Du côté des opposants, la satisfaction est de mise, notamment chez Helvetia Nostra, filiale de la Fondation Franz Weber. «Ce site est encore préservé, souligne Anne Bachmann, sa porte-parole. Tel qu'il a été proposé, ce projet est insensé et représente un danger tant pour le paysage que pour la faune. Cet endroit est un couloir migratoire pour les oiseaux. Imaginez l'impact d'y tirer des câbles et d'avoir des gens qui s'élancent en hurlant.» Mais la représentante de l'association environnementaliste ne ferme pas totalement la porte à un dialogue. «Nous ne sommes pas opposés par principe à un projet qui tiendrait la route», précise-t-elle.

Même si certains passionnés de parapente et de deltaplane, qui ont leurs habitudes dans cette zone, sont montés au créneau, à l'image de la Fédération de vol libre (FSVL) ou du club Riviera Vol Libre (RVL), d'autres préfèrent ne pas peindre le diable sur la muraille. Stéphane Chevalley, directeur de l'école de parapente Flyriviera SA, pense qu'une cohabitation est possible: «Les câbles seront bien indiqués. Selon les plans, il me semble que cela ne devrait pas poser de problème.»

Caméra embarquée dans une tyrolienne

Le projet de tyrolienne est donc recalé, mais pas abandonné. «Ce refus n'est pas une grande surprise, admet Grégoire Clivaz, attaché de presse de la société MOB. Nous avons probablement sous-estimé l'impact de cette nouvelle attraction.» L'entreprise dit vouloir se laisser l'été pour étudier les critiques soulevées par les nombreuses oppositions – 127 déposées à Montreux et 117 à Veytaux – pour imaginer des solutions. Elle espère ensuite, dès cet automne, réunir autour d'une table les différents acteurs concernés, que ce soient les passionnés de vol libre, les associations de défense du paysage ou les autorités. «C'est une opportunité de développement touristique dans la région, soutient Grégoire Clivaz. Notre train est un moyen de transport respectueux de l'environnement, cette attraction le serait aussi.»

Une tyrolienne de 2km

Si un consensus était trouvé, les amateurs de sensations fortes pourront dévaler les 214 mètres de dénivellation et les 1303 mètres de longueur de la tyrolienne au plus vite à l'été 2017, sinon 2018.

La tyrolienne la plus folle du monde!

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