Proche-Orient: Les organisations humanitaires réclament un cessez-le-feu
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Proche-OrientLes organisations humanitaires réclament un cessez-le-feu

La pause quotidienne de trois heures respectée par Israël dans son offensive à Gaza a été jugée insuffisante jeudi par les organisations humanitaires.

Elles ont réclamé un cessez-le-feu immédiat et complet afin de porter assistance aux victimes.

L'effondrement du système de santé et les difficultés d'accès aux blessés ont été dénoncés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le CICR. L'OMS a fait état de 21 morts et 30 blessés parmi le personnel médical. Onze ambulances ont été touchées au cours des opérations militaires à Gaza.

Les médicaments s'entassent aux frontières et ne peuvent pas être distribués à l'intérieur de la bande de Gaza. Les hôpitaux sont surchargés, les blessés couchés à même le sol, l'accès aux soins est compromis, le personnel médical épuisé, a affirmé l'OMS.

Violation du DIH

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est monté au créneau et a dénoncé les violations du droit international humanitaire (DIH) par les forces militaires israéliennes sur le terrain. Celles-ci n'ont pas rempli leurs obligations de porter secours aux blessés.

«Le droit international humanitaire stipule que les parties au conflit doivent aider les blessés et les personnes malades. Les membres des forces israéliennes sur le terrain n'ont pas rempli leurs obligations», a déclaré le directeur adjoint des opérations du CICR, Dominik Stillhart, lors d'une conférence de presse à Genève.

Le responsable a précisé qu'une pause de trois heures dans les hostilités est «un pas positif dans la bonne direction», mais largement insuffisant. «Les blessés ne peuvent pas attendre la prochaine suspension. Ils doivent être évacués 24 heures sur 24. Il faut un accès permanent», a-t-il insisté.

Accès interdit pendant quatre jours

Les forces israéliennes ont empêché l'accès des secours durant quatre jours à une zone de Gaza où ont été découverts une douzaine de morts et plusieurs blessés, a dénoncé l'organisation.

Le CICR et des personnels du Croissant-Rouge palestinien n'ont pu accéder que mercredi à Zeitoun, soit quatre jours après avoir demandé l'accès à cette zone. Là, ils ont découvert douze corps et plus d'une vingtaine de survivants, dans plusieurs maisons touchées par des bombardements à moins de 100 mètres de positions de l'armée israélienne, a expliqué le CICR.

Dans une des maisons, l'équipe du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert quatre petits enfants à côté de leurs mères respectives, mortes. Ils étaient trop faibles pour se lever tout seuls. Un homme a également été trouvé en vie, lui aussi trop faible pour se mettre debout.

Dans une autre maison, l'équipe de secours du CICR et du Croissant-Rouge palestinien a découvert quinze survivants de l'attaque, dont plusieurs blessés. Dans une troisième maison, l'équipe a trouvé trois autres corps.

D'autres blessés

De grands murs de terre construits par l'armée israélienne empêchaient les ambulances de pénétrer dans le quartier. Les enfants et les blessés ont donc dû être transportés vers celles-ci sur une charrette tirée par un âne.

Le CICR a été informé que davantage de blessés avaient trouvé refuge dans d'autres maisons détruites du quartier. Il demande à l'armée israélienne de lui permettre immédiatement, ainsi qu'aux ambulances du Croissant-Rouge palestinien, d'accéder en toute sécurité à ces maisons et de chercher d'autres blessés.

Le porte-parole de l'UNRWA à Jérusalem, Christopher Gunness, interrogé par téléphone, a souligné que la crise humanitaire s'aggrave chaque jour qui passe.

«La population est terrorisée, traumatisée, piégée. Elle ne peut pas se rendre aux centres de distribution, elle ne peut pas fuir», a déclaré le responsable de l'agence de l'ONU. «Assez c'est assez», s'est-il exclamé, en réclamant un cessez-le-feu immédiat.

(ats)

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