Actualisé 23.01.2009 à 21:23

Enlèvement au MaliLes otages se trouveraient au Niger

Les ravisseurs du couple de touristes suisses enlevés jeudi avec deux autres vacanciers européens à la frontière entre le Mali et le Niger ne se sont pas manifestés.

Selon une source malienne, les otages se trouvent au Niger. Un autre Suisse a en revanche échappé au rapt.

Les touristes enlevés sont un couple suisse, une Allemande de 75 ans et un Britannique, a indiqué vendredi Werner Gartung, du voyagiste allemand OASE Reisen, sur les ondes de la radio alémanique DRS 4 News. Selon ce responsable, ils ont été capturés jeudi sur sol malien, à une dizaine de kilomètres de la frontière nigérienne, alors qu'ils circulaient à bord de deux véhicules tout- terrain.

Une source sécuritaire malienne citée par l'AFP a indiqué pour sa part que le rapt avait eu lieu dans la localité nigérienne de Bani-Bangou, à une soixantaine de kilomètres de la frontière. Mais les autorités nigériennes ont assuré que les touristes avaient été kidnappés au Mali, à trois kilomètres d'Andéramboukane, «très loin» du Niger. Sur les cartes, la localité malienne d'Andéramboukane est située sur le tracé même de la frontière entre les deux pays.

«Période éprouvante»

Les vacanciers ont été contraints de quitter la voiture avec leur chauffeur africain avant d'être capturés, a expliqué M. Gartung. Selon des sources concordantes, le conducteur d'un troisième véhicule transportant trois autres voyageurs - un Suisse et deux Allemands, selon la radio nationale nigérienne - est parvenu à s'échapper.

Les ravisseurs vont «très vraisemblablement demander une rançon», a estimé M. Gartung. Un certain laps de temps va s'écouler avant qu'ils se manifestent. C'est «une période éprouvante nerveusement», a-t-il ajouté.

Vendredi une source militaire malienne a affirmé à l'agence Reuters que «les bandits se seraient enfuis au Niger».

Rebelles touaregs ?

Les recherches en cours dans la zone frontalière n'ont rien donné pour le moment, a indiqué à l'AFP la gendarmerie de Gao, au Mali.

Vendredi, les trois touristes qui ont échappé au rapt, ainsi que le responsable de l'agence de voyage organisatrice, Yaou Mahamane, ont été reçus par le ministre nigérien de l'Interieur Albadé Abouba à Niamey, a annoncé la radio nationale nigérienne. Il leur a dit que tout serait mis en oeuvre pour retrouver leurs collègues.

Selon M. Mahamane, les agresseurs portaient des turbans et ont apostrophé les touristes en tamachek, la langue touareg.

Bamako a imputé le rapt à des rebelles touaregs, mais des diplomates cités par Reuters notent que la branche d'Al-Qaïda au Magreb opère aussi dans la zone du Sahara où ont disparu les quatre vacanciers.

Région risquée

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a confirmé dès jeudi le rapt des deux touristes suisses. Il a indiqué être en contact avec les autorités locales, avec les gouvernements allemand et britannique ainsi qu'avec la famille des Suisses enlevés. Interrogé vendredi par l'ATS, il n'a pas donné plus de détails sur les circonstances de l'enlèvement.

Les autorités suisses et allemandes ont attiré depuis longtemps l'attention sur les dangers encourus dans cette région de l'Afrique. OASE Reisen propose néanmoins des voyages dans cette partie du continent.

Interrogé sur ce point par la radio alémanique, M. Gartung a affirmé que certaines recommandations des autorités ne correspondent pas à la réalité. L'enlèvement de jeudi s'est produit dans une zone «où ni OASE Reisen ni notre partenaire n'avaient décelé un quelconque risque».

Festival

Selon des sources concordantes, les touristes ont été capturés alors qu'ils revenaient d'un festival de la culture nomade à Andéramboukane, avant de reprendre la route vers le Niger.

Les faits survenus dans cette région frontalière entre les deux pays ouest-africains sont généralement difficiles à vérifier: la zone est désertique et, à 50 km à la ronde, il n'y a quasiment pas d'administration, ce qui favorise les trafics en tout genre. (ats)

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