France: Les ouvrières de Lejaby occupent l'entreprise
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FranceLes ouvrières de Lejaby occupent l'entreprise

Une centaine d'ouvrières occupent depuis jeudi soir le siège social du fabricant de lingerie féminine haut de gamme Lejaby à Rillieux-la-pape, dans le département français du Rhône.

Elles protestent contre fermeture de trois sites de production et 197 licenciements. Parallèlement, une action judiciaire est engagée devant le tribunal de grande instance de Lyon qui doit examiner mardi une demande d'annulation de la procédure. Le motif invoqué est que l'actuel propriétaire de Lejaby, le groupe autrichien Palmers Textil, intente un procès au précédent propriétaire, l'américain Warnaco, pour casser la vente.

«On est désespérées, on est fatiguées, on se demande ce qu'on va faire de nos enfants», dit Nicole Mendez, délégué CFDT de l'entreprise, pour justifier l'occupation des locaux de Lejaby à Rillieux-la-Pape, dans la banlieue lyonnaise. «Si on nous jette comme des Kleenex, au moins qu'on nous donne les moyens de subsister», ajoute-t-elle.

Les ouvrières sont installées dans des campements de fortune faits de matelas gonflables et de sacs de couchage posés dans les vestiaires, les escaliers ou les couloirs. Certaines ont passé la nuit dans leur voiture sur le parking du site.

«On restera là pendant le week-end, et encore la semaine prochaine», prévient Brigitte Figueroa, 50 ans, déléguée CGT du site de Bellegarde, dans l'Ain.

Autour d'elle, ses collègues portent des pancartes où l'on peut lire «Nous ne voulons pas être sacrifiées» et «Pas un emploi ne doit disparaître». Avec le site de Bourg-en-Bresse (Ain) et celui du Teil (Ardèche), l'usine de Bellegarde doit être fermée avant la fin de l'année dans le cadre d'une délocalisation de la production vers la Tunisie, le Maroc, la Chine et la Pologne.

Résultats pourtant positifs

«Lejaby présente des résultats positifs mais pour augmenter les bénéfices, elle prévoit de faire passer la production réalisée en France de 30% aujourd'hui à 7%», dit Nicole Mendez. Avec peu d'espoir de sauver leur emploi, les salariées tentent de négocier au mieux leurs indemnités.

«Nous demandons 70.000 euros par personne, et en face la direction nous propose 10.000 euros avec 420 euros par année de travail», déplore Esmahan Haxair, 45 ans, ouvrière à Bellegarde. «Pour moi, qui ai 28 ans de maison, ça me ferait 32.000 euros, le compte n'y est pas !»

Ces ouvrières du textile, qui travaillent pour la plupart depuis vingt ou trente ans dans l'entreprise, n'envisagent toutefois pas de séquestrer leur direction, comme cela s'est fait dans diverses branches de l'industrie française ces derniers mois. (ats)

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