Actualisé 21.05.2012 à 14:02

Séisme en ItalieLes ouvriers de nuit principales victimes

Quatre des six victimes du séisme meurtrier qui a frappé dimanche avant l'aube entre Modène et Ferrare, en Italie, sont des ouvriers, un drame dans cette région industrielle dynamique.

Gerardo Cesaro, Nicola Cavicchi, Leonardo Ansaloni et Tarik Naouch n'étaient pas en week-end comme la plupart des Italiens mais en train de travailler dimanche à 04H04 locales (02H04 GMT) lorsque la terre a tremblé.

Un bruit énorme mais que les ouvriers de Tecopress à Dosso, dont Gerardo, n'ont pas remarqué en raison du vacarme de leur fonderie.

«Nous n'avons pas entendu, il y avait le bruit des presses», a raconté aux médias Ghulam Murtaza, un des collègues de Gerardo qui était en train de charger des plaques d'aluminium et qui n'a pas eu le temps de sortir, contrairement aux autres, lorsque le hangar s'est effondré.

Région industrielle

Comme d'autres régions du Nord de l'Italie, poumon économique de la péninsule, cette partie de l'Emilie-Romagne est une succession de vastes zones agricoles et de PME familiales opérant dans de nombreux secteurs industriels.

Le carrelage est notamment une des forces de cette région, un secteur qui se porte bien, malgré la récession en cours en Italie, grâce à l'exportation dans le monde entier des carreaux et des faïences italiens.

Nicola et Leonardo travaillaient pour Ceramica Sant'Agostino, une entreprise familiale renommée dans le secteur qui emploie 350 personnes à Sant'Agostino, l'une des villes les plus touchées par le séisme.

Occupés à la manutention pour le premier et à la cuisson des carreaux pour le second, ils ont été pris au piège lorsque leur hangar s'est écroulé comme un château de cartes.

Destin dramatique, Nicola n'aurait pas dû être là mais avait accepté de remplacer au pied levé un collègue malade car étant donné les mauvaises prévisions météorologiques, il ne comptait de toute façon pas aller à la mer comme il le faisait presque tous les week-ends.

«200 personnes seraient restées dessous»

«Heureusement que cela s'est passé la nuit de samedi à dimanche. Mon coeur saigne pour les deux ouvriers, c'est horrible. Mais si cela était arrivé lundi ou mardi, 200 personnes seraient restées dessous», a réagi Filippo Manuzzi, fils du patron de l'entreprise, cité par le journal La Stampa.

L'écroulement de ces usines pose néanmoins la question du respect des normes par les entreprises alors que l'Emilie-Romagne est une région très sismique.

«Il est peu acceptable dans une société moderne que des édifices comme des hangars industriels puissent s'écrouler après une secousse qui est d'une certaine magnitude (6 sur l'échelle de Richter, ndlr) mais qui n'est pas exceptionnelle», a dénoncé le président de l'Institut national de géophysique et de vulcanologie, Stefano Gresta.

Face à ce début de polémique, Ceramica Sant'Agostino a assuré que ses bâtiments avaient été construits «selon des critères de sécurité maximale».

Tué par la chute d'une poutrelle

L'histoire de Naouch, un Marocain de 29 ans, est également typique de ce Nord-Est de l'Italie, locomotive du pays dont le boom économique des dernières décennies a été rendu possible grâce aux nombreux immigrés, venus notamment d'Afrique du Nord.

Arrivé en 1994, il travaillait depuis six ans pour la société Ursa qui produit du polystyrène à Bondeno et venait d'obtenir l'autorisation de faire venir en Italie sa jeune épouse.

Alors qu'il remplaçait le chef d'équipe, il serait rentré à nouveau dans l'usine après le début des secousses pour couper le gaz, selon ses collègues, et a été tué par la chute d'une poutrelle. (afp)

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