Actualisé 22.12.2019 à 18:52

Asie centraleLes Ouzbeks élisent leurs députés

L'Ouzbékistan a abrité dimanche ses premières élections législatives depuis la mort subite de son ancien président. Les résultats sont attendus dès lundi.

Près de 20 millions d'électeurs ouzbeks se sont rendus aux urnes dimanche.

Quelque 20 millions d'Ouzbeks ont voté dimanche pour les premières élections législatives depuis que le président a lancé une politique d'ouverture, à la suite de la mort en 2016 de son prédécesseur autoritaire. Les résultats ne sont pas attendus avant lundi matin.

Les bureaux de vote ont fermé à 20h (16h en Suisse). Le choix restait toutefois limité à cinq partis progouvernementaux, aucun indépendant ni opposant n'étant autorisé à participer. Mais pour la première fois, ces formations ont été mises en concurrence et encouragées à se différencier par le président Chavkat Mirzioïev.

Etaient en lice le parti libéral-démocrate, principale formation pro-pouvoir, le parti national du renouveau démocratique, le parti populaire démocratique, le parti social-démocrate et le mouvement écologique d'Ouzbékistan. Ils se disputent les 150 sièges de la chambre basse du Parlement.

«Nous faisons l'histoire»

Le président Mirzioïev a voté aux environs de midi dans un bureau de vote de Tachkent, où il est arrivé avec sa famille dont sa fille Saïda Mirizioïeva, nommée en avril à un haut poste gouvernemental. «Nous faisons l'histoire et le peuple le comprend bien», a-t-il déclaré après son vote, rendant hommage aux partis politiques pour avoir débattu entre eux durant la campagne électorale.

«La société a changé, ses relations avec les partis aussi», a-t-il ajouté. Deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, le taux de participation était de 68%, selon la commission électorale.

Abdoussamat Iouldachev, 20 ans, a expliqué à l'AFP avoir voté «pour la justice et l'équité dans la société ouzbèke». «Je veux que notre niveau de vie augmente, notre éducation s'améliore», a ajouté le jeune homme qui a déposé dans l'urne un bulletin du parti social-démocrate.

Mamoura Mirzakhmedova, une retraitée de 69 ans, a, elle, assuré qu'elle n'irait pas voter et a exprimé sa colère contre «les prix qui montent partout», alors qu'une récente réforme monétaire a provoqué une accélération de l'inflation, aujourd'hui à deux chiffres.

Exprimer publiquement de telles positions était presque inconcevable sous l'ancien président Islam Karimov, dont le régime faisait régner la peur et restait largement inspiré de l'autoritarisme centraliste soviétique.

«Certains efforts» constatés

Chavkat Mirzioïev, qui a pris la tête en 2016 du pays après la mort de son prédécesseur, a lui appelé les candidats à faire campagne, à aller à la rencontre des électeurs. Il a critiqué la passivité des élus sortants.

Après près de trois décennies d'un régime particulièrement autoritaire, celui qui fut le premier ministre du défunt chef de l'État a entrepris une prudente politique de réformes, ouvrant le pays au tourisme et aux investissements.

Il a fait quelques gestes timides de libéralisation du système politique, notamment avec la libération d'une trentaine d'opposants incarcérés et en engageant de premiers efforts pour éradiquer la torture.

Un système politique «largement autoritaire»

Ces élections ont été organisées sous le slogan «Nouvel Ouzbékistan, nouvelles élections» alors que les autorités veulent les présenter comme une nouvelle preuve de l'ouverture du pays.

Mais l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a envoyé des observateurs, estime que de nombreuses caractéristiques du précédent régime restent en place et a vu «peu de signes de campagne» électorale.

Le pays traverse «un processus de développement politique», a tout de même déclaré à l'AFP George Tsereteli, qui préside l'assemblée parlementaire de l'OSCE et coordonne la mission d'observation. L'OSCE doit faire lundi un bilan du scrutin.

L'ONG Human Rights Watch a constaté certains efforts de «réformes, notamment pour améliorer le bilan en matière de droits humains». Mais, pour elle, «le système politique reste largement autoritaire». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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