Proche-Orient: Les Palestiniens attendent l'équipe Trump
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Proche-OrientLes Palestiniens attendent l'équipe Trump

Des émissaires de Donald Trump doivent se rendre à Ramallah jeudi. Les Palestiniens disent attendre un engagement «clair» de l'administration américaine.

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Les funérailles de la secouriste de 21 ans Razan al-Najjar, tuée vendredi par des tirs israéliens, ont eu lieu samedi à Gaza. (Samedi 2 juin 2018)

Les funérailles de la secouriste de 21 ans Razan al-Najjar, tuée vendredi par des tirs israéliens, ont eu lieu samedi à Gaza. (Samedi 2 juin 2018)

AFP
Les Etats-Unis ont opposé leur veto à l'ONU contre une résolution appelant à protéger les Palestiniens de Gaza et en Cisjordanie occupée. (Vendredi 1 juin 2018)

Les Etats-Unis ont opposé leur veto à l'ONU contre une résolution appelant à protéger les Palestiniens de Gaza et en Cisjordanie occupée. (Vendredi 1 juin 2018)

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Une Palestinienne de 21 ans a été tuée par l'armée israélienne lors de nouveaux heurts à Gaza vendredi, portant à 123 le nombre de morts palestiniens depuis le 30 mars. (Vendredi 1 juin 2018)

Une Palestinienne de 21 ans a été tuée par l'armée israélienne lors de nouveaux heurts à Gaza vendredi, portant à 123 le nombre de morts palestiniens depuis le 30 mars. (Vendredi 1 juin 2018)

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Les responsables palestiniens ont réclamé mercredi une prise de position «claire» de l'administration de Donald Trump en faveur de la création d'un Etat palestinien indépendant, à la veille d'une visite à Ramallah d'émissaires du président américain.

Ils ont déclaré à l'AFP attendre aussi que l'administration Trump s'oppose à la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens. Ces deux questions sont parmi les principaux obstacles dans le processus de paix israélo-palestinien suspendu depuis 2014.

Les dirigeants palestiniens réclament «une réponse claire et franche de l'administration sur sa position concernant la solution à deux Etats et les colonies», a déclaré Ahmed Majdalani, membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine.

Jared Kushner attendu

«Nous n'attendons pas grand-chose de cette administration sans engagement américain envers l'arrêt de la colonisation et la solution à deux Etats», c'est-à-dire la création d'un Etat palestinien indépendant coexistant avec Israël, a-t-il ajouté.

Le président palestinien Mahmoud Abbas doit recevoir jeudi à Ramallah en Cisjordanie une délégation de la Maison Blanche comprenant Jared Kushner, haut conseiller du président américain, et Jason Greenblatt, représentant spécial de Donald Trump pour les négociations internationales.

Les émissaires américains doivent également rencontrer des responsables israéliens, au cours d'une tournée régionale les ayant déjà conduits en Jordanie et en Egypte et censée poursuivre l'effort entrepris pour relancer les discussions entre Israéliens et Palestiniens.

L'incompréhension d'Abbas

Un responsable diplomatique américain a indiqué mercredi soir à des journalistes à Jérusalem que Donald Trump avait «clairement fait savoir qu'oeuvrer pour parvenir à un accord de paix global et durable entre Israéliens et Palestiniens constituait sa première priorité. Il demeure optimiste sur les chances de parvenir à un accord».

Le président américain a toutefois admis qu'il «y aura probablement des hauts et des bas sur la voie de la paix. Conclure un accord de paix va prendre du temps», a-t-il prévenu. Les dirigeants palestiniens cachent de moins en moins leur frustration face à l'attitude des Etats-Unis.

Donald Trump a semblé prendre ses distances avec la solution à deux Etats, un principe de référence de la communauté internationale, en recevant en février le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, suscitant l'alarme palestinienne.

Sur la colonisation, et après l'annonce par Israël de milliers de nouveaux logements dans les Territoires, Donald Trump s'était contenté d'appeler Benjamin Netanyahu à la retenue.

Après la suspension des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, la colonisation, c'est-à-dire les implantations civiles israéliennes en territoire palestinien, a continué. La construction dans les colonies a augmenté de 70% entre avril 2016 et mars 2017, selon des statistiques israéliennes.

La communauté internationale considère la colonisation comme illégale et faisant obstacle à la paix. «Aucun gouvernement n'a fait autant pour la colonisation que celui que je dirige», s'est targué Benjamin Netanyahu en août. Les émissaires américains ont rencontré Israéliens et Palestiniens à plusieurs reprises depuis janvier.

«Survie politique»

La délégation américaine a rencontré mardi le roi de Jordanie Abdallah II, acteur incontournable de l'entreprise de paix. Le monarque, qui s'était rendu début août à Ramallah manifester un «soutien total aux droits légitimes des Palestiniens», a affirmé aux Américains la nécessité de lancer des négociations «sérieuses et efficaces sur la base de la solution à deux Etats».

Les experts sont pessimistes quant aux chances d'une avancée prochaine. «L'optimisme au sein de la direction et de la population palestiniennes envers l'administration Trump est au niveau zéro», dit l'analyste palestinien Omar al-Ghoul.

Le conflit n'est pas au premier rang des priorités de l'administration Trump, disent les experts. Mahmoud Abbas est affaibli par le large discrédit de l'Autorité qu'il préside, par les dissensions intestines et par l'émergence d'une alliance entre les concurrents du Hamas islamiste et l'un de ses grands rivaux, Mohammed Dahlane.

Quant à Benjamin Netanyahu, inquiété par les enquêtes judiciaires, «il se bat pour sa survie politique», affirme Dan Shapiro, ancien ambassadeur américain en Israël. «Il a adopté une stratégie qui rend quasiment impossible pour lui de montrer une souplesse significative à court terme dès qu'il s'agit des Palestiniens, s'il ne veut pas perdre le soutien de sa base», dit-il. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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