Double infanticide à Flaach (ZH): Les parents des enfants tués: des arnaqueurs?
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Double infanticide à Flaach (ZH)Les parents des enfants tués: des arnaqueurs?

Les parents des deux bambins – morts étouffés par leur mère le 1er janvier à Flaach (ZH) – se sont fait virer de plusieurs appartements parce qu'ils ne payaient pas de loyer.

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ann/ofu/ats
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07.08 L'auteure du double infanticide de Nicolas et Alessia, à Flaach, le 1er janvier, a été retrouvée morte dans sa cellule dune prison de Zurich, vendredi. Selon les premières constatations, il s'agirait d'un suicide.

07.08 L'auteure du double infanticide de Nicolas et Alessia, à Flaach, le 1er janvier, a été retrouvée morte dans sa cellule dune prison de Zurich, vendredi. Selon les premières constatations, il s'agirait d'un suicide.

01.02 Emprisonné début novembre pour soupçon d'escroquerie, le père des enfants tués par leur mère parce qu'ils étaient placés émet des doutes sur les services sociaux.

01.02 Emprisonné début novembre pour soupçon d'escroquerie, le père des enfants tués par leur mère parce qu'ils étaient placés émet des doutes sur les services sociaux.

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03.01 Après le double infanticide du 1er janvier à Flaach (ZH), l'Autorité cantonale de protection de l'enfant et de l'adulte (KESB) a pris position.

03.01 Après le double infanticide du 1er janvier à Flaach (ZH), l'Autorité cantonale de protection de l'enfant et de l'adulte (KESB) a pris position.

Keystone/Walter Bieri

Nicolas, 5 ans, et Alessia, 2 ans, ont été tués par leur propre mère le soir du 1er janvier. Quelques jours après le drame, la mère des petits, Natalie K., a avoué avoir étouffé ses bambins. La jeune femme de 27 ans avait été arrêtée la nuit du meurtre près de sa maison. Les blessures qu'elle s'était infligées n'étaient pas d'ordre à mettre sa vie en danger, mais avaient empêché un interrogatoire pendant plusieurs jours.

Selon de nouvelles révélations de la «SonntagsZeitung» et du «Matin dimanche», le couple était connu des autorités. Ainsi, Mike K., le père, a vendu plusieurs iPhone sur le site internet Ricardo. Il a encaissé l'argent, sans jamais livrer les téléphones... inexistants. Le couple a également souvent changé de lieu de résidence pour ne pas se faire attraper par les lésés. Natalie et Mike K. se sont par ailleurs fait expulser à plusieurs reprises de leurs logements parce qu'ils ne payaient par leur loyer. Conséquence: le couple est inscrit aux poursuites pour un montant d'au moins six chiffre, affirme la «SonntagsZeitung». De son côté, le Ministère public thurgovien confirme qu'une enquête pour arnaques a été ouverte contre le couple.

En retard dans son développement

En été 2014, les parents ont voulu emménager dans un appartement situé à Rüdlingen (SH). Mais la régie du logement, qui s'est rendu compte à temps que le couple était connu pour ne pas payer ses loyers, a refusé de leur faire signer le contrat de bail. C'est après ce refus que Natalie K. et Mike K. ont déménagé à Flaach (ZH), où s'est produit le drame. La mère, qui avait déjà inscrit son fils Nicolas à l'école enfantine de Rüdlingen, avait refusé de désinscrire son petit pour que celui-ci aille à l'école à Flaach. La commune schaffhousoise avait fini par alerter le Service de protection de l'enfance (APEA) de la région de Winterthour en raison du manque de coopération de la mère et aussi parce que Nicolas était en retard dans son développement par rapport aux autres enfants de son âge.

L'autorité cantonale de protection de l'enfant et de l'adulte de Winterthour-Abdelfingen avait de son côté déjà reçu des informations concernant des problèmes au sein de la famille. Il avait fini par ordonner des mesures préventives et les enfants avaient été placés dans une institution. Quatre jours avant le drame, la mère avait envoyé un courriel aux médias dans lequel elle critiquait l'APEA. Elle accusait l'institution d'avoir pris ses enfants et de les cacher. Les enfants ont pu retourner auprès de leur mère pendant les Fêtes. Ils auraient dû revenir dans l'institution le 4 janvier.

L'UDC en prend pour son grade au Parlement zurichois

L'UDC zurichoise a été soumise lundi au Parlement cantonal à un feu nourri de critiques provenant de la plupart des autres partis. Objet du courroux: les accusations de la formation de la droite dure contre l'autorité de protection de l'enfant et de l'adulte (APEA), après le double infanticide de Flaach (ZH).

Les députés de gauche n'ont pas été les seuls à administrer une volée de bois vert aux démocrates UDC. Le PDC, le Parti évangélique (PEV) et l'Union démocratique fédérale (UDF) ont dénoncé notamment la comparaison faite entre l'APEA et l'ancienne police politique de l'ex-Allemagne de l'Est communiste, la Stasi.

L'UDC jette de l'huile sur le feu, a regretté un représentant du PDC. De telles dérives verbales n'ont rien à faire dans ce débat. La responsable du double infanticide du 1er janvier à Flaach n'est pas l'APEA, mais bien la mère de 27 ans, qui a avoué l'acte, ont souligné les Vert'libéraux, le PBD et l'UDF. Et de pointer du doigt la chasse aux sorcières lancée sur la base de connaissances très lacunaires des événements. Sur ce dernier point, l'aile gauche du parlement a quant à elle reproché à l'UDC de diffamer l'APEA. Le parti conservateur se rendrait ainsi coupable de la campagne haineuse contre l'autorité cantonale de protection de l'enfant et de l'adulte, dont les collaborateurs se trouvent actuellement sous protection policière.

Jeudi, l'UDC du canton de Zurich avait exigé de redonner la compétence aux municipalités en matière de tutelle. Elle a également réclamé le retrait des dossiers attribués à l'APEA de Winterthour/Andelfingen, et le lancement d'enquêtes administrative et pénale.

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