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Endettement des jeunesLes parents servent toujours plus de bancomat

Donner de l'argent à son enfant à chaque fois qu'il en demande est de plus en plus courant. Mais selon un expert, cette manière de faire favorise l'endettement des jeunes.

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blu/ofu/ats

Les centres commerciaux et les magasins sont des lieux de rencontres appréciés des jeunes. La tentation d'y acheter quelque chose est permanente. «De nombreux ados font du shopping parce qu'ils s'ennuient», explique Gregor Mägerle, directeur du service zurichois de prévention des dettes. L'envie d'avoir les mêmes habits à la mode que ses amis pousse également à la consommation, explique-t-il.

Selon cet expert, interrogé par le «Tages-Anzeiger», les parents sont de plus en plus nombreux à donner de l'argent à leurs enfants à chaque fois qu'ils le leur demandent. «L'argent de poche n'est plus autant répandu qu'avant. Les parents préfèrent lâcher 50 francs pour un pull ou 20 francs pour un repas de midi», regrette Gregor Mägerle. La raison de cette «mauvaise» générosité? Les parents veulent offrir à leur progéniture ce qu'ils n'ont pas eu quand ils étaient petits.

Un autre problème, selon l'expert zurichois, est le manque de communication. Les parents renonceraient de plus en plus souvent à expliquer clairement aux enfants à quel point la vie coûte cher. Les ados ignorent parfois à combien s'élève le loyer de l'appartement dans lequel ils vivent ou combien d'argent leurs parents dépensent par mois pour la nourriture.

Cette situation favoriserait l'endettement des jeunes et le service de prévention des dettes zurichois compte aborder ce problème avec les ados pour leur éviter de futurs déboires. Des séances d'informations, organisées notamment dans des écoles, sont censées sensibiliser parents et enfants à cette thématique.

Selon une enquête de la société d'encaissement Intrum Justitia, publiée en 2012, les 18-25 ans étaient plus endettés que leurs aînés âgés de plus de 33 ans. Et cinq ans après s'être mis dans une situation financière difficile, les jeunes étaient encore 37% à ne pas avoir réglé leurs arriérés. Mauvais élèves, les francophones étaient 43% à ne pas être revenus à meilleure fortune en cinq ans, tandis que les jeunes Alémaniques et les Tessinois étaient respectivement 35% et 34% à être restés dans le rouge. Autre constat: les jeunes vivant à la campagne remboursent leurs dettes plus rapidement que leurs contemporains de la ville.

Un salaire pour les enfants

Urs Abt, un psychologue alémanique interrogé mardi par le «Tages-Anzeiger», pense qu'il existe une meilleure alternative à l'argent de poche. Selon lui, les parents devraient verser une sorte de salaire à leurs enfants. «L'argent de poche sert uniquement à être dépensé. Avec un salaire, les jeunes doivent s'acheter leurs billets de trains, leurs habits et leurs repas. Ils apprennent ainsi à gérer leur argent et apprennent à être responsables», estime-t-il.

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