Actualisé 04.03.2010 à 18:28

Triple homicide de VeveyLes parties civiles convaincues de la culpabilité de l'accusé

Toujours convaincues de la culpabilité de l'accusé du triple homicide de Vevey, les parties civiles ont plaidé jeudi à Lausanne.

Elles ont souligné la monstruosité du crime et refusent que cet homme puisse profiter financièrement de son acte comme héritier.

Malgré le témoignage d'une vendeuse en boulangerie qui remet en cause la chronologie de la justice dans la tragédie de décembre 2005, aucune des parties civiles n'a manifesté le moindre doute. Elles ont à l'unisson réclamé la condamnation de l'accusé pour la mort de sa mère, d'une amie de celle-ci et la disparition de sa soeur.

Commettre l'irréparable

Comme en juin 2008 à Vevey, lors du premier procès, l'argent a été reconnu comme l'origine de la tuerie. L'accusé de 46 ans se sentant aux abois parce que sa mère ne voulait plus lui donner les centaines de milliers de francs indispensables, il aurait été «pris de rage» le 24 décembre, au point de commettre l'irréparable «dans des circonstances terribles».

C'est un Janus, avec un côté «urbain, courtois, dévoué», mais il y a «un autre homme», selon Me Marcel Heider, avocat du frère de l'accusé. C'est un personnage que l'on ne peut jamais contrarier et capable de «devenir enragé» si quelque chose lui est refusé.

L'accusé, «un fainéant», était entretenu par sa mère qui n'a compris que trop tard ce qui se tramait. Il «fait peur» aujourd'hui encore, a affirmé l'avocat soulignant que son client et sa femme en souffrent chaque jour. Il a contesté tout «élément nouveau» dans ce procès en révision.

Argent de sang

Des vies et des rêves «saccagés» par l'argent, ont constaté les parties civiles. La fortune amassée par le père architecte à Vevey s'est transformée, après son décès, en un fardeau épouvantable sur les épaules de son épouse. Femme «simple», aimant des plaisirs de tous les jours, elle s'est retrouvée en possession de dizaines de millions de francs qui ont fini par l'entraîner dans une mort sanglante.

«Tuée pour avoir été un témoin gênant», a renchéri l'avocate qui représente la famille de l'amie bâloise octogénaire venue passer les fêtes à Vevey. Là aussi, les souffrances qui perdurent pour les enfants ont été mises en exergue. Le travail de deuil ne peut toujours pas se faire, alors que l'émotion submerge les victimes indirectes et que l'accusé reste «froid», a relevé l'avocate.

Mise sous tutelle

Dans la matinée, le fils biologique a éclaté en sanglots lorsqu'il a dû raconter pourquoi il a voulu, en vain, mettre sa mère sous tutelle afin de la sortir des griffes de son frère. Mais «je me suis rendu compte que l'on ne sauve pas quelqu'un contre son gré», a- t-il déclaré, défait, devant la cour.

L'accusé, fils adoptif, a lui aussi pris la parole durant de longues minutes, affirmant que depuis des années, il n'avait pas pu s'exprimer. Dans un silence intense, il s'est souvent enferré dans des détails de procédures. Il a dit avoir une mère qui lui a donné la vie et une mère qui lui a donné le droit de vivre.

Le produit du crime

D'un commun accord, les parties civiles ont demandé à la cour de libérer des fonds séquestrés afin de pouvoir indemniser les victimes. Elles se sont opposées à ce que l'accusé puisse profiter «du produit de son crime». Le procureur général et la défense plaident vendredi.

(ats)

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