Conseil fédéral: Les partis affûtent leurs tactiques
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Conseil fédéralLes partis affûtent leurs tactiques

Les groupes parlementaires, qui n'ont pas encore désigné les candidats définitifs pour le renouvellement du Conseil fédéral le 14 décembre, spéculent et posent des exigences aux autres.

Il y a beaucoup trop d'inconnues au centre, a estimé vendredi soir devant la presse le président du PS Christian Levrat. Le PS attend des partis du centre qu'ils trouvent une forme d'organisation efficace qui lui permette d'avoir un interlocuteur fiable, a expliqué le conseiller national.

L'éviction de la bourgeoise-démocrate Eveline Widmer-Schlumpf n'est pas exclue, mais elle ne figure pas en première ligne des scénarios discutés par le groupe parlementaire, a précisé le Fribourgeois. Le PS envisage aussi le maintien de la PBD au détriment d'un PLR ou de l'UDC.

Pas de candidats de première ligue

Encore faudrait-il que cette dernière présente des candidats dont on a entendu le nom au moins une fois, a ironisé le président du PS. «Il ne suffit pas d'être conseiller d'Etat en Appenzell ou à Nidwald pour être un candidat de première ligue».

M. Levrat s'est encore dit un peu plus serein qu'avant les élections pour la conservation de ses deux sièges au gouvernement malgré le départ de Micheline Calmy-Rey. Compte tenu des cinq fauteuils gagnés le 23 octobre par le PS et du recul du PLR et de l'UDC (13 sièges en tout), «il serait assez étonnant qu'une majorité se forme contre le PS».

Le parti a aussi confirmé vendredi son calendrier. Son comité directeur entendra Alain Berset, Pierre-Yves Maillard, Stéphane Rossini et Marina Carobbio le 18 novembre et le groupe parlementaire en fera de même le 25 novembre afin que les autres groupes puissent mener des auditions la première semaine de la session. Une seule chose est assurée, il présentera à l'Assemblé un ticket de plusieurs noms.

Un choix demandé

Cela tombe bien car le PLR aimerait que les autres partis lui présentent un choix. Réuni lui aussi pour la première fois dans sa nouvelle composition, il a réaffirmé sa volonté de défendre ses deux sièges au gouvernement.

Le PLR constitue le 3e parti le plus fort du pays, il a donc droit à deux sièges comme l'UDC et le PS, le 4e parti (PDC) pouvant prétendre à un siège, a répété devant la presse la cheffe du groupe Gabi Huber. Selon la conseillère nationale uranaise, la concordance et la stabilité sont particulièrement importantes dans la situation actuelle.

Le groupe attend des autres partis qu'ils confirment la concordance, a-t-elle ajouté. Pressée de questions sur d'éventuelles conditions au soutien du PLR à la volonté de l'UDC d'obtenir un second siège ou sur l'opportunité d'attaquer le siège de la ministre d'Eveline Widmer-Schlumpf quand on prétend vouloir de la stabilité, la libérale-radicale n'a pas voulu en dire plus.

Le groupe n'a pas encore discuté de la stratégie en détail. Elle dépendra du positionnement des autres partis «auxquels il ne nous appartient pas de dire quand et qui ils doivent nommer», a expliqué Mme Huber. Des discussions exigeantes vont venir avec les autres partis. «En dire plus reviendrait à lire dans du marc de café», a estimé la cheffe du groupe PLR.

(ats)

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