Actualisé 01.04.2008 à 14:18

Les partis condamnent les menaces contre Eveline Widmer-Schlumpf

La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf ne participera pas au Sechseläuten, le 14 avril à Zurich.

Elle aurait dû défiler avec la corporation Fluntern mais y a renoncé après avoir été menacée. L'UDC condamne les menaces mais aussi l'annulation.

Les menaces et les insultes contre la conseillère fédérale ont débuté après la diffusion à la télévision alémanique d'un documentaire sur l'éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral. C'est ce qu'a indiqué mardi à l'ATS Felix Müller, maître de la corporation Fluntern et rédacteur en chef de la «NZZ am Sonntag».

M. Müller n'a pas voulu donner de détail sur le genre de menaces, mais «on a craint pour la sécurité physique» de la conseillère fédérale, a-t-il ajouté. La police fédérale, chargée de la sécurité des membres du gouvernement, a été informée.

Culture politique

Toutes les informations ont été rassemblées et analysées. C'est finalement Eveline Widmer-Schlumpf qui a décidé la semaine passée de ne pas venir à Zurich, a encore indiqué Felix Müller qui craint une «perte de la culture politique suisse».

Ces menaces interviennent alors que l'UDC tente par tous les moyens d'exclure Eveline Widmer-Schlumpf du parti pour avoir accepté son élection au Conseil fédéral à la place de Christoph Blocher. Ce dernier est aussi invité au Sechseläuten, fête du printemps qui se termine avec «l'agonie» du bonhomme Hiver sur le bûcher.

Tradition

Jusqu'à présent, il était de tradition d'inviter au moins un membre du gouvernement au Sechseläuten. A l'avenir, il faudra toujours bien réfléchir sur le choix de l'invité d'honneur, estime Felix Müller.

Pour le professeur de philosophie politique Georg Kohler, les menaces contre Eveline Widmer-Schlumpf confirment le durcissement du débat politique en Suisse. Ca fait partie de la stratégie de l'UDC qui met en place une politique de «l'hostilité».

Le parti postule que celui qui n'est pas d'accord avec l'UDC est un «anti-Suisse», estime le professeur zurichois. Le parti ne pardonne pas à Eveline Widmer-Schlumpf d'avoir contribué à «tuer le roi» Christoph Blocher. Cela éveille des sentiments de vengeance.

L'UDC condamne doublement

Dans un communiqué, l'UDC a estimé que de telles menaces, si elles existent, sont à condamner. Mais le parti condamne également l'annulation de la visite à cause de ces évènements. Il rappelle que le prédécesseur de Mme Widmer-Schlumpf, Christoph Blocher, a toujours maintenu ses apparitions en public, malgré les menaces.

Pour l'UDC, dans un Etat de droit, les organes de sécurité doivent garantir que chacun puisse apparaître en public. Et à plus forte raison la ministre de justice et police.

Pour le porte-parole du parti Alain Hauert, évoquer un lien avec l'éviction de Christoph Blocher n'est que «pure spéculation» tant que le contenu exact des menaces ne sera pas connu. L'UDC a certes reçu du courrier de nombreux membres furieux après le 12 décembre, mais il n'y avait pas de menaces, a-t-il ajouté.

Lien direct

Ce n'est pas l'avis de Fulvio Pelli, qui s'est dit convaincu d'un lien direct avec la non-réélection du tribun zurichois. Le président du PRD n'était toutefois pas en mesure d'estimer si les menaces étaient importantes au point de justifier une annulation.

Pour Pascal Couchepin, «ce n'est pas seulement triste pour Mme Widmer-Schlumpf, mais surtout pour la vie sociale en Suisse», a-t- il dit à l'ATS. Le président de la Confédération en a appelé à un réveil civique de la part de la population.

Le secrétaire général du PDC Reto Nause évoque quant à lui un symptôme récurrent: «Ce n'est pas la première fois que Mme Widmer- Schlumpf est menacée et ce n'est pas la première fois que des politiciens sont menacés», a-t-il relevé. Le président du PS Christian Levrat n'a pas souhaité faire de commentaire.

(ats)

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