Actualisé 05.11.2015 à 07:05

GenèveLes partis d'accord pour mettre fin aux bouchons

Un texte sur la mobilité issu d'un accord entre tous les partis genevois a été présenté mercredi. Macaron pour scooters et bus en site propre sont au programme.

par
Julien Culet
Les partis espèrent fluidifier la circulation à Genève grâce aux mesures présentées.

Les partis espèrent fluidifier la circulation à Genève grâce aux mesures présentées.

Rassembler tous les partis autour de la table et faire émerger un large consensus pour fluidifier le trafic à Genève. Le pari de la sous-commission à la mobilité était ambitieux mais a franchi une première étape. Les sept délégués des formations politiques représentées au Grand Conseil ont en effet su se mettre d'accord sur un projet de loi. «Tout le monde a dû faire des compromis et avaler un certain nombre de couleuvres», reconnaît le socialiste Thomas Wenger, vice-président du groupe de travail.

Vingt-six séances auront été nécessaires pour aboutir à «un texte qui devrait transfigurer la mobilité», selon le MCG Pascal Spuhler, président de la commission des transports. Cette dernière a accepté le projet mardi soir. Passage en revue des principaux points sur lesquels les partis ont su accorder leurs violons.

Moyenne ceinture urbaine

Le principal objectif est de diminuer le trafic au centre-ville. Pour éviter ce dernier, un certain nombre d'axes de contournement déjà existants seront privilégiés. «Cette moyenne ceinture urbaine est actuellement peu lisible et peu homogène, avec du 30km/h, du 50km/h et des routes de largeurs variables, explique le PLR Daniel Zaugg, président de la sous-commission. Il faudra mettre en place une signalisation claire.» Les feux seront également synchronisés pour sortir du centre.

Hypercentre réservé à la mobilité douce

La priorité aux transports publics dans tout le canton, chère aux Verts, sera limitée au seul centre-ville. Dans ce dernier, piétons, vélos, bus et trams seront favorisés. «Cela prendra la forme de feux réglés différemment, de zones 30, de zones piétonnes ou de pistes cyclables, par exemple», illustre le libéral-radical. Les quais seront toutefois exclus, ainsi que le pont du Mont-Blanc. Un «U lacustre routier» serait ainsi créé en attendant une éventuelle traversée du lac.

Macaron pour les motos

Faire payer le stationnement des deux-roues motorisés a fait débat au sein des partis de droite ces dernières semaines. La sous-commission n'a pas reculé. Un macaron sera créé pour parquer son scooter ou sa moto. D'un prix modéré, 20 ou 30 fr. par année, il servira à financer la création de nouvelles places de stationnement dédiées. «Il n'y a pas de raison que se garer soit gratuit pour les motos. L'effort demandé serait raisonnable», selon Pascal Spuhler. Son parti, le MCG, s'était pourtant opposé à cette idée quand elle avait fuité dans la presse.

Bus à haut niveau de service pour les pendulaires

La majeure partie de la hausse du trafic à Genève vient de la France voisine. Pour contrer cette tendance, des parkings relais devront être construits à l'entrée du canton. Les axes pénétrants sur lesquels il n'y a pas de trams se verront dotés d'un bus à haut niveau de service. «Ce sont des véhicules qui circulent en site propre. Ils s'arrêtent moins souvent et desservent des hub de transports publics», explique le MCG Eric Stauffer, membre du groupe de travail.

Echéances

Ce compromis «qui va dans le sens du bien commun» a été salué par le ministre des transports Luc Barthassat. le texte est conçu comme un contre-projet à l'initiative des Verts visant à accorder la priorité aux transports publics dans tout le canton. La présidente du parti Lisa Mazzone, membre de la sous-commission, s'est engagée à favoriser le retrait de l'initiative si le Grand Conseil accepte le contre-projet sans le modifier. Un vote qui est prévu pour le 3 décembre. Le résultat des discussions du groupe de travail deviendrait alors une simple loi et n'aurait pas besoin de passer devant le peuple.

Si les écologistes maintiennent leur désir de votation, la droite menace déjà. Le compromis ne tiendrait plus et des amendements pro-voitures sont ajoutés au contre-projet. Car une partie du PLR grogne déjà sur un certain nombre de points: l'absence claire de la traversée du lac et le parking payant pour les deux-roues motorisés notamment.

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