Entretiens de Watteville: Les partis divisés sur les remèdes à la crise financière
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Entretiens de WattevilleLes partis divisés sur les remèdes à la crise financière

Les cinq partis gouvernementaux restent divisés sur les remèdes à apporter à la crise économique et sur la meilleure manière de défendre la place financière.

Leur rencontre avec le Conseil fédéral, vendredi lors des entretiens de Watteville, n'a guère fait avancer le débat.

Seul constat unanime à l'issue des deux heures et demi de discussion: il faut agir, car la forte pression extérieure à laquelle la Suisse est soumise en matière de secret bancaire est dommageable pour l'emploi. Or les partis - PS, PLR, PDC, UDC ainsi que pour la première fois PBD - n'ont jamais caché leurs doutes sur la capacité du gouvernement à développer une stratégie globale.

Pour le reste, les avis divergent, a admis devant les médias le président de l'UDC, Toni Brunner, s'exprimant au nom de ses quatre collègues. Ainsi, la droite préférerait négocier de nouvelles conventions de double imposition pays par pays. Les socialistes privilégient quant à eux des tractations directes avec l'Union européenne.

La droite aimerait inclure dans les négociations une révision de l'accord sur la fiscalité de l'épargne pour faire baisser la retenue rétrocédée à l'étranger, qui doit atteindre à terme 35 %. La gauche verrait, elle, d'un bon oeil l'élargissement des discussions aux questions de fraude fiscale. Les deux camps peinent aussi à accorder leurs violons s'agissant des futures réformes fiscales en Suisse.

Nouveau plan anti-crise

Concernant un éventuel 3e programme conjoncturel, qui n'a été abordé que de manière superficielle lors des entretiens, les partis restent divisés tant sur son opportunité que sur les mesures à adopter. Le camp bourgeois est «très réservé, voire rejette» cette option. Il craint en particulier une nouvelle augmentation de la dette publique, a rappelé Toni Brunner.

La droite a également répété son opposition à de nouvelles taxes, inopportunes en cette période puisqu'elles pèsent sur le pouvoir d'achat et la consommation. Doris Leuthard a confirmé aux partis que le Conseil fédéral se prononcerait en juin.

Les partis se rejoignent sur un point: ils ont profité de cette rencontre avec le gouvernement pour se plaindre de sa tendance croissante à procéder à des consultations express. Ce sera le cas aussi bien pour les nouvelles mesures de Pascal Couchepin contre la hausse des primes que pour l'envoi de soldats suisses au large de la Somalie dans le cadre de l'opération antipirates Atalante, a critiqué le président de l'UDC.

(ats)

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