Iran: Les partisans d'Ahmadinejad répliquent
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IranLes partisans d'Ahmadinejad répliquent

Un grand rassemblement a eu lieu mardi à Téhéran en faveur d'Ahmadinejad, dont la réélection est contestée.

Son principal rival Mir Hossein Moussavi a demandé à ses partisans de rester chez eux pour éviter toute violence, ce qui n'a pas empêché plusieurs milliers d'entre eux de descendre dans la rue.

Témoin de la tension croissante alors que l'Iran connaît un déferlement de colère populaire sans précédent depuis la révolution islamique de 1979, les autorités ont interdit toute couverture par la presse étrangère des événements en cours. Même la couverture de la manifestation du camp du président ultraconservateur, orchestrée par le pouvoir, était très difficile.

La télévision iranienne a montré les images de plusieurs milliers de personnes au moins qui manifestaient dans le centre-ville à l'occasion de la manifestation présentée comme «marche d'unification».

Cette manifestation était organisée par le Conseil de coordination de la propagande islamique, un organe officiel dépendant du guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei, qui soutient la réélection d'Ahmadinejad.

Eviter les «confrontations planifiées»

Le camp de Mir Hossein Moussavi avait lui aussi appelé à une manifestation, une heure après celle du pouvoir, que la presse étrangère n'était pas non plus autorisée à couvrir.

Mais Moussavi, dont les partisans ont défié par centaines de milliers lundi une interdiction de défiler dans la rue, a appelé les contestataires à renoncer à y participer pour «éviter le piège des confrontations planifiées», selon son conseiller Abolfazl Fateh.

La veille, sept civils avaient été tués, selon la radio officielle Radio Payam, après s'en être pris à une base de la milice islamique du bassidj, particulièrement haïe par certains manifestants.

M. Moussavi avait été le premier à contester les résultats le créditant de seulement 34%, malgré une mobilisation historique de 85% des électeurs censée lui bénéficier, et à saisir le Conseil des gardiens de la Constitution.

Ce dernier a exclu mardi d'annuler le scrutin présidentiel du 12 juin, mais l'instance s'est dit prête à procéder à un nouveau décompte partiel des voix de l'élection. L'ayatollah Khamenei y a donné son feu vert si cela se révèle nécessaire, a indiqué la télévision d'Etat.

Divisions au sommet

Plusieurs milliers de partisans de Moussavi se sont quand même rassemblés mardi dans le nord de Téhéran, bastion de l'ancien Premier ministre. Selon PressTv, une télévision de langue anglaise sur satellite qui dépend de la télévision d'Etat iranienne, les participants «manifestaient dans le calme».

L'ampleur de la mobilisation contre la réélection de M. Ahmadinejad, et les violences qui l'ont suivie, commencent à fissurer l'unité du pouvoir.

Mardi matin, le président du Parlement Ali Larijani, un personnage des plus influents du camp conservateur, a tenu le ministre de l'Intérieur Sadegh Mahsouli pour responsable d'attaques contre des étudiants et des habitants d'une cité du nord de Téhéran dimanche.

Mutisme d'Ahmadinejad

Une commission du Parlement, dominé par les conservateurs, a aussi été créée pour enquêter sur l'attaque par des bassidjis dimanche d'un dortoir de l'Université de Téhéran.

En visite en Russie, le président Ahmadinejad n'a pas soufflé mot sur la crise en Iran tandis que de nombreuses voix à l'étranger se sont élevées contre les violences.

La Suisse a appelé le gouvernement iranien à faire preuve «de mesure dans le contrôle des manifestations» qui ont lieu à Téhéran et dans le reste du pays. Elle a également exhorté le régime islamique à «respecter la liberté d'expression».

Le président américain Barack Obama, tout en disant avoir de «profondes inquiétudes», a estimé lui qu'il ne serait «pas productif» pour son pays de se mêler de politique intérieure iranienne. Quel que soit le résultat, il entend poursuivre ses efforts pour renouer le dialogue direct avec Téhéran. (ats)

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