Actualisé 09.02.2017 à 11:18

Votations 12 févrierLes partisans de la RIE III critiquent leur campagne

La campagne des milieux économiques n'est pas suffisamment convaincante et trop agressive, estiment des politiciens de droite.

par
nxp/cht
Les arguments des partisans de la RIE III peinent à convaincre puisque selon les sondages, le résultat risque d'être très serré dimanche.

Les arguments des partisans de la RIE III peinent à convaincre puisque selon les sondages, le résultat risque d'être très serré dimanche.

Keystone

Quel que soit le résultat de la votation de dimanche sur la 3e réforme de l'imposition des entreprises, une chose est sûre: dans le camp du «oui», c'est le mécontentement qui l'emporte face à la campagne menée par les milieux économiques. En bref: elle a démarré trop tard, il manque de têtes d'affiche crédibles et les arguments ne sont pas assez convaincants.

Ces critiques s'adressent essentiellement à l'Union suisse des arts et métiers, rapporte le Tages-Anzeiger jeudi. Et le style offensif qu'a choisi l'USAM ne plaît pas: sa tonalité trop agressive n'instaure par la confiance, critiquent les milieux bourgeois.

«Les opposants à la RIE III ont joué sur l'incertitude. Et les partisans n'ont pas réussi à s'y opposer», estime le sénateur UDC zougois Peter Hegglin. En outre, l'USAM n'est pas parvenue, selon lui, à expliquer clairement que les PME allaient bénéficier de la réforme tandis que les grandes entreprises allaient payer davantage d'impôts.

Le sénateur soleurois PDC Pirmin Bischof va dans son sens:« Le monde de l'économie n'a pas réussi à montrer comment il était prêt à compenser les pertes fiscales par des investissements dans les cantons», critique-t-il.

L'USAM se défend

L'USAM, ainsi attaquée, se défend comme elle le peut: «nous montrons bien les contradictions de nos adversaires et nous ne tournons pas autour du pot. Et nous prenons garde à ce que nos arguments soient bien compréhensibles», répond son porte-parle.

Du côté d'Economiesuisse qui a participé à la campagne, on se montre prudent mais on prend ses distances. Pour sa directrice Monika Rühl, les partenaires sont autonomes. «La façon dont l'USAM communique en son nom est son affaire. Cela doit s'inscrire complètement dans une stratégie globale. »

Pour rappel, des sondages parus le 1er février dernier montrent que c'est tout sauf gagné pour la RIE III, combattue par référendum par la gauche. En effet, si les Helvètes avaient voté fin janvier, 45% des citoyens ayant l'intention de voter auraient accepté la réforme, selon l'enquête de gfs.bern/SSR, et 44% auraient dit «non». Le sondage du groupe de presse Tamedia donnait lui un léger avantage aux opposants, avec 47% de refus et 45% d'approbation.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!