Venezuela : Les partisans du pouvoir se mobilisent
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Venezuela Les partisans du pouvoir se mobilisent

Le Venezuela devrait connaître samedi une nouvelle journée de tensions.

Avec pancartes, banderoles, drapeaux vénézuéliens et porte-voix, des centaines de personnes sont descendues dans la rue pour protester.

Avec pancartes, banderoles, drapeaux vénézuéliens et porte-voix, des centaines de personnes sont descendues dans la rue pour protester.

Partisans du pouvoir et opposants ont battu le pavé samedi au Venezuela, dans un duel à distance engagé depuis 12 jours par des étudiants opposés au gouvernement et marqué mercredi par des affrontements qui ont fait trois morts.

Vêtus de blanc pour la plupart et munis de nombreux drapeaux vénézuéliens, quelque 3.000 militants pro-opposition, dont une majorité d'étudiants, étaient rassemblés à la mi-journée sur une place de l'est de Caracas et alentour, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Ces mobilisations de l'opposition s'inscrivent dans le cadre du mouvement de protestation anti-gouvernemental lancé il y a 12 jours en province par des étudiants qui s'insurgent contre la vie chère, l'insécurité et les pénuries dans ce pays pétrolier, qui dispose des plus importantes réserves de la planète.

Grosse manifestation mercredi

Mercredi, la capitale avait été le théâtre de la plus importante mobilisation contre le président Nicolas Maduro depuis son élection en avril 2013. De violentes échauffourées survenues en marge de la marche ont fait trois morts, tués par balles, et plus de 60 blessés.

«Avant nous ne sortions pas dans la rue à cause de l'insécurité, et maintenant que nous manifestons ils nous tuent. Nous les jeunes n'avons plus ni foi ni espoir, nous ne pouvons pas avoir de travail et si nous en avons un, on ne nous donne pas de quoi avoir une vie décente», a déclaré samedi à l'AFP Issac Castillo, étudiant de 27 ans à l'Université Andres Bello.

Dans le centre, plusieurs milliers de partisans du gouvernement socialiste ont également répondu à l'appel lancé jeudi soir par le président pour un rassemblement «pour la paix et contre le fascisme», terme habituellement utilisé par les autorités pour désigner les opposants. Ces derniers sont accusés par les autorités de fomenter les violences pour tenter de provoquer «un coup d'Etat».

De rouge vêtus

Arborant des vêtements et drapeaux de la couleur rouge du parti au pouvoir et des pancartes à l'effigie du libérateur Simon Bolivar et de l'ex-président Hugo Chavez (1999-2013), les militants pro-Maduro, d'abord rassemblés en divers points de la capitale, ont convergé vers le centre-ville malgré une chaleur accablante.

Les deux camps ont également organisé des rassemblements dans plusieurs autres villes du pays, dont San Cristobal, Merida, El Vigia (ouest) et Valencia (nord).

S'adressant à ses partisans dans l'après-midi, le président vénézuélien s'en est pris à Leopoldo Lopez, un opposant accusé d'homicide et visé par un mandat d'arrêt depuis les évènements de mercredi soir.

«Les forces de sécurité de l'Etat le cherchent. Rends-toi lâche! Le peuple veut la justice, lâche», s'est exclamé M. Maduro sous les vivats des militants «chavistes», sans toutefois nommer l'opposant.

Départ de Maduro voulu

Contactée par l'AFP, une source au sein du parti de M. Lopez, qui fait partie d'un petit groupe d'opposants prônant la contestation dans la rue, a indiqué de son côté que l'intéressé ne se cachait pas et qu'il n'avait pas quitté le pays.

La protestation lancée par les étudiants, décidés à obtenir le départ de M. Maduro, ne fait pas l'unanimité au sein de la Table de l'unité démocratique (MUD), la principale coalition de l'opposition vénézuélienne. Son leader Henrique Capriles a lui-même estimé jeudi que «les conditions ne sont pas réunies pour forcer le départ du gouvernement».

La plupart des chaînes de télévision vénézuéliennes se sont abstenues ces derniers jours de diffuser les images de ces incidents, craignant visiblement les avertissements du Conseil national des Télécommunications, qui a menacé de sanctions les médias qui feraient «la promotion de la violence».

M. Maduro, qui a annoncé jeudi soir la suspension de la diffusion de la chaîne de télévision colombienne d'informations NTN24, a directement pointé du doigt samedi l'ex-président conservateur colombien Alvaro Uribe, fréquemment visé par les accusations de M. Maduro.

L'ennemi faschiste

Selon le chef de l'Etat vénézuélien, «la main de l'ennemi fasciste du Venezuela Alvaro Uribe» est derrière la couverture de NTN24. En outre, M. Maduro a affirmé que l'ex-président «finance et dirige les mouvements fascistes» accusés de semer le trouble.

Depuis quelques semaines, le gouvernement fait face à une grogne croissante d'une partie de la population dans un contexte de forte inflation (56,3% en 2013), de pénuries récurrentes frappant les denrées alimentaires ou les produits de consommation courante et d'une insécurité que les autorités ne parviennent pas à juguler.

Vendredi soir, le président vénézuélien a tenté de reprendre la main sur le terrain politique en annonçant un plan destiné à lutter contre la violence, qui prévoit notamment de renforcer les patrouilles de police et le désarmement de la population dans un pays où les armes abondent. (afp)

Twitter accuse Caracas

Twitter a accusé vendredi le Venezuela d'avoir bloqué des images sur son réseau, alors que le pays est le théâtre de manifestations anti-gouvernementales depuis une dizaine de jours.

«Je peux confirmer que des images de Twitter sont actuellement bloquées au Venezuela. Nous pensons que c'est le gouvernement qui les bloque», a déclaré un porte-parole du réseau social dans un email à l'AFP.

Certains utilisateurs vénézuéliens de Twitter s'étaient plaints que des photos des manifestations ne soient pas visibles chez l'opérateur public Cantv, qui a «catégoriquement» démenti vendredi être à l'origine «des problèmes rapportés par les utilisateurs (...) pour charger les images sur Twitter».

Twitter a alors proposé à ses utilisateurs un outil permettant de passer outre ce blocage, par l'envoi de textos.

Les Vénézuéliens se sont servis des réseaux sociaux pour publier des photos des manifestations, tandis que les télévisions se sont abstenues d'en diffuser, par peur d'être sanctionnées.

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