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Votations du 27 novembre «Les partisans sont peut-être restés à la maison»

Le résultat de la votation a fait mentir tous les sondages. Les politologues Lucas Leeman et Fabio Wasserfallen, qui gèrent celui de Tamedia, expliquent pourquoi.

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jbu/dmz

M. Leeman, M. Wasserfallen, le dernier sondage Tamedia prédisait 57% de oui en faveur de la sortie programmée du nucléaire? Que s'est-il passé?

L'écart avec la réalité est très grand, on ne peut pas le nier. Nous voyons deux sources d'erreur: soit nous avons surestimé la proportion de votes positifs dans certaines tranches de la population, soit moins certains partisans n'ont pas voté.

Le dernier sondage a eu lieu deux semaines avant le vote. Pensez-vous que les gens ont retourné leur veste au dernier moment?

Dans les premiers résultats de notre enquête de sortie des urnes, nous remarquons cette tendance, en effet. Mais cela n'explique pas une si grande différence.

Est-il possible que les électeurs qui ont participé à l'enquête soit plus critiques vis à vis du nucléaire que le reste de la population?

Nos sondages représentent toutes les tendances. Par exemple, si davantage de jeunes que de personnes âgées ou davantage d'électeurs de droite que de gauche participent, nous pondérons les résultats de manière à ce qu'ils correspondent à la structure de l'électorat. Néanmoins, nous ne maîtrisons pas le facteur de l'abstentionnisme. Par ailleurs, il n'y a aucune garantie que tout le monde réponde honnêtement.

Comprenez-vous qu'on puisse douter de la crédibilité de vos sondages?

Lors des 30 dernières votations, nous avons été dans 60% des cas plus proches de la réalité que l'institut gfs. En ce qui concerne l'initiative sur l'immigration de masse ou l'initiative de mise en œuvre du renvoi des criminels étrangers, nous avons même été très bons. Il ne faut toutefois pas prendre nos résultats comme une vérité absolue, mais comme des indicateurs de tendance.

Quelles leçons peut-on tirer de ce dimanche?

Nous allons analyser ces résultats de manière très approfondie et réfléchir aux améliorations possibles. Pendant deux ans, nous avons travaillé exclusivement avec le groupe «20 minutes» et avons ainsi pu optimiser notre système de pondération. Depuis l'été dernier, tous les titres de Tamedia sont associés à l'enquête. La structure des participants n'est plus la même. Nous avons davantage de réponses, mais peut-être devrions-nous revoir notre modèle.

Les sondages étaient aussi loin de la réalité lors du vote sur le Brexit ou avant l'élection présidentielle américaine. Est-il de plus en plus difficile de prévoir les résultats de vote?

Oui. Car il y a eu de gros changements dans les technologies de communication. Il devient de plus en plus compliqué de réaliser des enquêtes téléphoniques, car les gens sont toujours plus difficiles à atteindre. Les sondages en ligne sont prometteurs, mais leur méthodologie doit encore être affinée. Quelle que soit la façon de faire, nous devons accepter une chose: des erreurs sont possible.

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