Les partisans Weber lancent leur campagne
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Les partisans Weber lancent leur campagne

Les partisans de «Sauver Lavaux III» ont lancé mercredi leur campagne pour le 18 mai. Selon eux, seule le texte de Franz Weber pourra protéger le site classé au patrimoine mondial.

L'initiative de Franz Weber a prévu des exceptions pour les vignerons qui veulent construire ou pour des bâtiments d'utilité publique. Elle ne va pas figer le site, comme l'affirment les opposants au texte.

L'initiative de Franz Weber a prévu des exceptions pour les vignerons qui veulent construire ou pour des bâtiments d'utilité publique. Elle ne va pas figer le site, comme l'affirment les opposants au texte.

Ils ont contesté toute volonté d'entraver le travail des vignerons et dénoncé les pressions constantes des milieux immobiliers.

«Seule l'initiative mettra un frein à ce délire», a expliqué devant la presse l'avocat Laurent Fischer en donnant des chiffres. Depuis juillet 2011, 450 projets de construction ont été mis à l'enquête sur le territoire des communes de Lavaux. Sur ce total, une dizaine seulement concernait des locaux ou des exploitations viticoles.

Pas figer le site

L'initiative de Franz Weber a prévu des exceptions pour les vignerons qui veulent construire ou pour des bâtiments d'utilité publique. Elle ne va pas figer le site, comme l'affirment les opposants au texte.

Les communes sont trop souvent «main dans la main avec les promoteurs», a poursuivi Suzanne Debluë, secrétaire de l'Association Sauver Lavaux. Avec l'initiative, «on limitera la casse», alors que les autorités «laissent faire» et que le contre-projet du Conseil d'Etat fait «la part belle aux promoteurs».

Franz Weber en retrait

Présent à la conférence de presse, Franz Weber s'est montré discret, lisant un communiqué et se félicitant de voir autant de monde à ses côtés et devant lui. L'écologiste a préféré laisser la parole aux autres participants.

«Il fallait un texte de plus» pour vraiment protéger Lavaux, a affirmé Benoît Stadelmann, secrétaire du WWF Vaud. L'association n'a pas eu besoin de beaucoup de temps pour choisir entre l'initiative et le contre-projet gouvernemental, qualifié par plusieurs intervenants de «coquille vide».

Mitage du territoire

L'activité viticole est non seulement assurée mais encouragée, selon le WWF. L'initiative s'en prend à «la spéculation immobilière très forte» qui grignote le territoire classé par l'Unesco.

Pour Pro Natura, il faut «un geste courageux» afin d'obtenir une protection «immédiate». Le contre-projet permettrait «la poursuite du mitage du territoire», selon l'association de défense de l'environnement.

Le vigneron de Rivaz, Marco Leyvraz, a dénoncé «la nouvelle invasion de l'immobilier et du fric». En patois, il s'est demandé ce que l'on allait laisser de ce beau paysage aux générations futures. «Cela me révolte», a-t-il lancé, des sanglots dans la voix, tout en demandant de faire passer le message: boire vaudois, boire Lavaux !

Spéculation immobilière

Les deux premières initiatives étaient des déclarations générales. La troisième va dans les détails. «On s'attaque aux milieux immobiliers qui sont silencieux et qui agissent en sous-main. Ils font leur business à fond», a déploré Suzanne Debluë.

Les partisans de Franz Weber vont dépenser quelque 120'000 francs par la campagne d'affichage, «ce qui coûte le plus», selon Vera Weber. L'initiative a été déposée en août 2009 avec plus de 16'800 signatures.

Soutien presque unanime

En janvier, les députés vaudois ont soutenu massivement le contre-projet qui se présente comme un compromis entre développement économique et protection renforcée du site. Le conseiller d'Etat Philippe Leuba a dénoncé «l'intransigeance totale et absolue» des partisans de l'initiative. Si celle-ci passe, ce sera «la mort programmée de la viticulture à Lavaux», selon lui. (ats)

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