Secret bancaire: «Les pays de l'UE ne vont pas faire de cadeau»
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Secret bancaire«Les pays de l'UE ne vont pas faire de cadeau»

Pour la Suisse, numéro un mondial de la gestion de fortune offshore, l'accès aux marchés étrangers est crucial. Elle agit à plusieurs niveaux pour défendre ses intérêts.

Les experts estiment que Berne a lâché, avec le secret bancaire, sa meilleure monnaie d'échange. Dans ce dossier, la Suisse agit sur le plan bilatéral, avec certains Etats ou avec l'Union Européenne (UE), précise le Secrétariat d'Etat aux questions financières internationales (SFI). Et aussi au plan multilatéral, comme au sein du Conseil de stabilité financière ou de l'Organisation mondiale du commerce.

Le 8 octobre, le Conseil fédéral a adopté les mandats de négociation définitifs relatifs à la nouvelle norme internationale d'échange automatique de renseignement en matière fiscale. Il a alors souligné que Berne devait s'efforcer d'obtenir, dans le cadre de ces négociations, des améliorations relatives à l'accès au marché.

«Maintenant que la Suisse a lâché le secret bancaire, les pays de l'UE ne vont pas faire de cadeau», déplore pour sa part Carlo Lombardini, expert en droit bancaire et professeur à l'Université de Lausanne. En écho aux craintes pour l'emploi et les recettes fiscales de la Fondation Genève Place Financière, il prédit une contraction pour la place helvétique et une perte de compétitivité.

Spécialiste de droit fiscal à l'Université de Genève, son confrère Xavier Oberson se montre moins pessimiste. Certes, Berne a perdu une monnaie d'échange. Elle vient aussi d'abandonner sans contrepartie les statuts fiscaux aux entreprises. Mais elle renforce par là son statut «d'interlocuteur fiable», estime-t-il. Tout en gardant ses atouts de savoir-faire et de stabilité. (ats)

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