Actualisé 09.07.2015 à 14:09

Olympisme

«Les pays démocratiques n'ont plus accès aux Jeux»

Jörg Schild, président de Swiss Olympic, a répété jeudi son soutien à la candidature de Lausanne pour les Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) en 2020.

de
Oliver Dufour
Jörg Schild, président de Swiss Olympic, soutient activement le dossier Lausanne 2020.

Jörg Schild, président de Swiss Olympic, soutient activement le dossier Lausanne 2020.

Le 31 juillet prochain se tiendra à Kuala Lumpur (Malaisie) la désignation de la ville candidate qui aura le privilège d'organiser les JOJ d'hiver, d'ici un peu plus de 4 ans. La capitale vaudoise est en compétition avec la ville de Brasov, en Roumanie. La solidité du dossier lausannois a de quoi réjouir, mais ses instigateurs évitent tout triomphalisme. Jörg Schild, président de Swiss Olympic, sait d'expérience que rien n'est jamais fait d'avance, surtout en Suisse.

Qu'amènerait l'organisation des JOJ à Lausanne, si elle lui était attribuée?

Ce n'est pas encore gagné, mais ça serait une grande chance pour les jeunes talents sportifs. On aurait en même temps l'occasion d'améliorer leurs infrastructures et donc leurs conditions d'entraînement. Ca serait aussi l'opportunité de montrer une fois ce qu'on sait faire ici, en Romandie. En Suisse alémanique on a parfois tendance à l'oublier. J'aimerais aider les Romands à le faire. Mais la candidature elle-même n'est pas juste lausannoise ou vaudoise, mais nationale.

Justement, après les candidatures (Grisons) ou projets (Genève) manqués pour les «grands» Jeux ces dernières années, est-il important de d'abord obtenir l'organisation de ceux de la jeunesse pour retrouver une certaine crédibilité?

Non, il n'est pas question de ça. La seule raison pour laquelle nous organisations des JOJ, c'est la jeunesse. Nous le faisons pour elle. Et ça va apporter quelque chose de positif, quoi qu'il arrive, avec la construction du nouveau complexe sportif de Malley et du village olympique.

Tout de même, il semble que la Suisse ait un peu besoin de faire ses preuves, non?

Non, je ne pense pas. Nous montrons régulièrement que nous savons organiser des événements importants. Athletissima, ce soir (ndlr: jeudi), en est un bon exemple. Par contre, il est vrai que les grands pays démocratiques ne peuvent plus obtenir les Jeux olympiques. A partir du moment où la population est appelée à voter, elle s'y oppose le plus souvent. On l'a vu dernièrement avec la candidature des Grisons 2022, ou encore à Munich ou Oslo (ndlr: où c'est le gouvernement norvégien qui avait voté contre). Chez nous – je vis à Flims (GR) –, je dois dire que je n'avais pas anticipé la jalousie entre vallées. On ne voulait pas tout le temps donner de l'argent à Davos et St-Moritz. Il y avait aussi une certaine peur du gigantisme, comme celui des JO de Sochi (Rus). Je suis récemment rentré des Jeux européens à Bakou et des Universiades en Corée du Sud et je dois dire que les installations sportives dans ces pays sont énormes. Mais je pense que la candidature grisonne nous a apporté quelque chose, nous a fait évoluer. Et je ne suis pas sûr que le résultat serait le même si on recommençait aujourd'hui.

Ca serait envisageable?

Bien sûr! Il y aura toujours des gens qui trouvent bien d'organiser des JO. Il suffit de voir ce que Christian Constantin (ndlr: président du FC Sion) a dit à propos d'une candidature valaisanne pour 2026. Je lui ai juste dit de patienter pour l'instant, parce que tous nos efforts sont concentrés sur Lausanne 2020.

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