Actualisé 11.11.2008 à 17:12

Prix du lait

Les paysans en colère contre les laitiers

Les transformateurs laitiers mettent en péril l'existence des paysans, accuse la Fédération des producteurs suisses de lait (PSL).

Le motif de sa colère: la création de l'Association lait suisse, qui regroupe les principaux industriels.

Cette manière de faire est inacceptable, écrit la PSL mardi dans un communiqué. Pour la PSL, les transformateurs ont pour but d'abaisser le prix du lait en excluant les producteurs. Cette réaction marque un nouvel épisode dans la lutte pour le partage du marché laitier, en prévision de la fin définitive du contingentement, le 1er mai 2009.

L'Association lait suisse (ALS) a été crée vendredi dernier à Egerkingen (SO) par les quatre principales entreprises transformatrices de lait en Suisse, Emmi, Cremo, Hochdorf et Elsa. La structure devrait devenir opérationnelle le 1er mai 2009.

Les producteurs suisses de lait prévoyaient pour leur part la création d'un pool national de vente du lait. Mais, en raison de dissenssions entre les producteurs régionaux, ce pool ne verra pas le jour en mai 2009 comme prévu initialement par la PSL.

«Pas droit à la parole»

Les contrats de livraison au sein de l'Association lait suisse respecteront un baromètre des prix qui devra refléter l'état du marché en Suisse et à l'étranger. Les critères sur lesquels fonctionnera ce baromètre seront fixés par l'ALS. La PSL n'aura pas son mot à dire, a expliqué à l'ATS Alexander Briw, président de l'ALS.

«Les discussions sur le prix du lait doivent avoir lieu directement entre ceux qui sont actifs sur le marché», poursuit M. Briw. D'après lui, le niveau actuel des prix se situe clairement en dessus des prix du marché. Quant à savoir de combien il doit baisser, le président de l'ALS ne le dit pas.

Pertes en vues pour les paysans

La PSL brandit quand à elle le spectre d'une baisse du prix du lait allant jusqu'à 20 centimes. Cela représenterait pour les producteurs de lait une perte de revenu de plus de 60 %, selon la Fédération.

Pour que les pertes de ses membres restent «dans les limites du supportable», la PSL a élaboré un catalogue de mesures. Elle propose par exemple des discussions avec les quatre grands transformateurs «en vue de la fixation d'un prix indicatif».

La fédération prévoit aussi la création d'un fond d'intervention, en 2009, permettant de réduire les surplus de beurre en cas de crise. Elle demande aussi que les quantités dépassant les contingents actuels puissent être commercialisées à bas prix en cas de détérioration du marché. Enfin, elle veut pouvoir négocier «d'égal à égal» avec les entreprises. (ats)

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