Genève: Les pêcheurs se sentent enfin chez eux à la Maison de la pêche

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GenèveLes pêcheurs se sentent enfin chez eux à la Maison de la pêche

Une année après leur déménagement des Eaux-Vives au Port Noir, les professionnels de la pêche ont apprivoisé leurs nouveaux locaux.

par
Maria Pineiro
En 2020, ce sont 500 tonnes de poissons qui ont été pêchés.

En 2020, ce sont 500 tonnes de poissons qui ont été pêchés.

mpo

D’un côté, les officiels, les discours et les petits fours. De l’autre, les pêcheurs, leurs bateaux et les cageots de perches fraîchement prélevées du lac. Jeudi matin, la Maison de la pêche, qui jouxte la plage des Eaux-Vives, a été officiellement inaugurée, alors que ses occupants l’exploitent depuis maintenant une année. Le bâtiment tout de métal, passerelles et avant-toit compris, a coûté quelque 5,5 millions de francs. Il abrite notamment cinq «cabanes» pour les professionnels. «Il s’agit de véritables laboratoires», précise Alexandre Wisard, directeur du Service du lac, de la renaturation des cours d’eau et de la pêche.

Davantage de place

«Nous avons de la place pour travailler, se réjouit François Liani, pêcheur. Avant, nous avions 20 m² dans des cabanons en bois. Il faisait chaud et le bois, ce n’était pas génial pour l’hygiène.» Avant? C’était sur le quai Gustave-Ador, aux Eaux-Vives, au milieu des bateaux amarrés et des chantiers navals. Aujourd’hui, les professionnels disposent d’un local de 55 m² muni de deux frigos et d’un congélateur, d’un espace à couvert ainsi que de débarcadères. Mais tout cela a un prix: «Avant, ils payaient 1100 fr. par année, maintenant, c’est la même somme par mois», concède Alexandre Wisard. «C’est une grosse différence», estime François Liani, indiquant que les pêcheurs ont dû augmenter le prix du poisson pour s’y retrouver.

La Maison de la pêche en 2021. 

La Maison de la pêche en 2021. 

Laurent Guiraud

Cette satisfaction n’a pas toujours été de mise. Les professionnels, attachés à leurs cabanes en bois, ont mis une bonne année à apprivoiser leurs nouveaux locaux. Au départ, comme ils l’avaient raconté à la «Tribune de Genève», ils étaient déçus et reprochaient à l’Etat de nombreux défauts. Une année après, ça va mieux, même si tout n’est pas encore rose. «Globalement, c’est positif, mais les gens ont davantage de peine à nous trouver», déplore François Liani.

Loin de l’animation

Son collègue Michel Perrisol pointe encore des défauts techniques tels que des prises électriques trop basses ou le sol goudronné, mais «on s’est habitués». Ce qui le chagrine le plus, c’est le fait d’être excentré. «Ici, c’est trop loin pour mes petites vieilles qui venaient acheter du poisson», avance-t-il. Le gros point noir, à entendre les pêcheurs, est bel et bien l’isolement. S’ils n’ont pas de peine à trouver des restaurants pour acheter leurs produits, l’animation et les échanges sur les quais manquent. «On espère qu’avec l’inauguration, il y aura plus de monde.» 

Un espace multimodal

Ils prennent de la place, mais ne sont pas seuls. Les pêcheurs qui occupent les cinq locaux à disposition partagent le reste du complexe avec d’autres associations et des activités reliées au monde piscicole. Deux salles sont destinées à la formation des futurs pêcheurs et aux réunions de la Commission de la pêche, ainsi qu’aux rencontres de l’amicale des pêcheurs du lac. Une écloserie et des bassins de pisciculture complètent le complexe inauguré jeudi par les autorités. 

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