Actualisé 02.04.2020 à 12:27

Suisse romande

Les pères bannis après l'accouchement

Les maternités romandes ont pris des mesures drastiques afin de limiter les risques de propagation du Covid-19 en leur sein.

de
Maria Pineiro
Dans la plupart des hôpitaux publics, les pères doivent quitter les lieux après la naissance.

Dans la plupart des hôpitaux publics, les pères doivent quitter les lieux après la naissance.

Yuri_arcurs

«Je suis inquiète de ne pas pouvoir avoir mon mari et mes enfants à mes côtés après l'accouchement», confie Lara, future maman valaisanne dont le terme est prévu dans deux mois et demi. Et pour cause, coronavirus oblige, les maternités romandes ont chamboulé leurs habitudes et obligé les familles à réorganiser les moments autour de la naissance. Il y a une semaine, l'hôpital de Sion annonçait que les parturientes ne pourraient plus être accompagnées. Exit le soutien du père ou de tout autre proche durant parfois de longues heures. L'établissement est revenu en arrière, mais d'autres mesures ont été édictées. Mardi, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) ont interdit toutes les visites en gynécologie et en post partum.

Ainsi, dans le vieux pays, tout comme aux HUG, au CHUV, à l'hôpital de la Broye ou encore dans le Jura, il n'y a plus de visites. Une fois l'enfant né (lire encadré), la mère se retrouve donc en chambre, avec pour seule compagnie le personnel médical. Seuls quelques hôpitaux, comme le CHUV ou l'Hôpital du Jura, permettent au père ou à un proche de rester une ou deux heures avec la patiente. «Je trouve que c'est trop strict, poursuit Lara. Je pense qu'il est possible de se protéger et de laisser les familles partager ensemble ces moments et faire connaissance avec le nouveau bébé.» L'Hôpital fribourgeois permet à la personne qui a accompagné la parturiente à l'accouchement, et à elle seule, de visiter la maman une fois par jour.

Plus vite de retour à la maison

Afin d'éviter des contagions, ou de permettre aux familles de se réunir plus rapidement, la majorité des maternités proposent désormais un retour à domicile rapide des mamans et des bébés. Il est possible de quitter les hôpitaux à partir de six heures après l'accouchement, pour autant que le bilan de santé le permette. Ensuite, le suivi post natal est opéré par les sages-femmes.

Claire*, dont le bébé est prévu pour fin avril dans une maison de naissance à Genève, a été prévenue il y a peu des nouvelles dispositions. «Même si le papa devrait pouvoir rester après l'accouchement, je crains ce retour rapide à la maison qui nous a été signifié. Avec deux autres enfants, il sera plus difficile de se remettre et de vivre sereinement le congé maternité. Déjà maintenant, avec le confinement, je dois m'occuper de mes deux aînées. J'avais imaginé une fin de grossesse plus reposante.»

Les deux futures mamans ressentent les tensions liées à cette période particulière. «Il y a une ambiance spéciale, ça me travaille», confirme Lara. Claire, elle, espère, que le pic sera passé lorsque son bébé naîtra et qu'elle n'aura pas besoin d'un transfert aux HUG.

*prénom d'emprunt

Présence sous conditions

Si le père ou un proche sont encore le bienvenu lors de l'accouchement, cela ne se fait pas sans conditions. Il faut montrer patte blanche pour accompagner la maman. En général, les maternités exigent qu'un questionnaire de santé soit rempli. Les personnes présentant des symptômes grippaux ne sont pas admises.

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